mardi, 12 décembre 2017
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Rdc: 2017 année sensiblement politique
Boulevard du 30 juin - Kinshasa/Gombe, image d'illustration

Rdc: 2017 année sensiblement politique

L’année 2016 était annoncée comme année de tous les enjeux politiques en Rdc. Personne ne savait avec exactitude comment devrait se terminer l’année, en dépit des assurances du gouvernement et ses services. Le déploiement massif de forces armés, de la police dans les grandes villes, les arrestations qui s’en sont suivis en disent l’imprévisibilité de la situation qui prévalait. Les bons offices de la CENCO entamés au début du mois de décembre 2016 ont dégonflé le ballon qui était sous forte pression, ce qui qui a fait que les dates fatidiques du 19 et 20 décembre  soient passées avec des violences amoindries.

Âgé de 45 ans, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter. Après le report de la présidentielle qui aurait dû avoir lieu fin 2016, son second mandat s’est achevé le 19 décembre dans un climat de quelques violences meurtrières.

Grâce à l’arrêt de la cour constitutionnelle autorisant le président Kabila de demeurer au pouvoir jusqu’à l’installation du nouveau Président élu, Joseph Kabila a obtenu une rallonge de son séjour au palais de la nation. Il est aussi protégé d’abord par l’accord de la cité  de l’union africaine qui prévoyait la présidentielle en  avril 2018, ensuite par celui de la CENCO qui prévoit la présidence en décembre 2017. La particularité de la continuité de ces deux dialogues dont celui de la cité de l’UA et celui de la CENCO se trouve dans le fait que suivant le principe de continuité de la gestion de la res publica, “le Président Kabila demeure”. A la différence de l’accord du 18 octobre, celui du centre interdiocésain interdit au président congolais de modifier la constitution pour briguer un troisième mandat.

Derniers défis de Kabila

Dans son message de vœux, pour ces quelques mois qui lui restent, le Président  Joseph Kabila a énuméré trois défis majeurs pour la RDC en 2017 : Il s’agit respectivement de la consolidation de la paix, de la sécurité et de la stabilité politique.

«La reprise de la stabilité économique et monétaire et de la poursuite sans désemparer du processus électoral déjà engagé avec en toile de fonds l’organisation des élections attendue conformément au calendrier de la CENI », a souligné Joseph Kabila. A l’occasion, il a appelé les Congolais au sens de responsabilité et à l’engagement en vue de créer de véritables conditions de paix et de stabilité sur toute l’étendue du pays afin de permettre à la CENI de poursuivre sa mission.

* Sur le plan économique, le chef de l’Etat a invité toutes les institutions du pays à maitriser le cadre macro-économique afin de faciliter la relance de la production nationale. Joseph Kabila a également pris l’engagement de restaurer l’autorité de l’Etat dans les parties meurtries par des guerres.

* Le président de la République a par ailleurs reconnu que l’année 2016 a été celle “d’embuches et d’épreuves”. «A l’aube de 2017, beaucoup de sacrifices ont été consentis. Des morts déplorés à l’issue des violences gratuites, nées par la crise de responsabilités au sein de la classe politique et des ingérences étrangères illicites», a-t-il regretté avant de remercier la CENCO pour  le travail abattu.

Cependant, l’opinion observe certains stratagèmes de la MP qui persistent et continuent à noircir l’avenir politique de Joseph Kabila si celui-ci n’y prend pas garde. Certains avertis s’interrogent si après signature de l’accord, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, quittera-t-il le pouvoir après des élections présidentielles en 2017 ? C’est en tout cas ce qu’il résulte de l’accord politique signé ce 31 décembre au centre interdiocésain par les médiateurs de l’Eglise catholique impliqués dans une série de négociations visant à apaiser le pays et éviter un bain de sang.

Des esprits avisés soupçonnent encore des intentions malséantes dans les rangs de la famille politique de Joseph Kabila. Au sein de la MP, tous ne parlent plus les mêmes langages. Si pour certains cadres influents de cette plateforme politique, l’accord de la CENCO est plus inclusif, pour d’autres, cet accord n’est pas inclusif.

Pour  le secrétaire général adjoint de la MP :

  1. l’accord de la Cenco n’est pas inclusif.
  2. Le Rassemblement doit demander pardon pour toutes les morts occasionnées lors de ses différentes manifestations ;
  3. Enfin, pour le camp présidentiel, le fait que l’option du référendum n’ait pas été retenue dans l’accord du centre interdiocésain, n’est pas acceptable.

Pour la MP, le recours possible à un référendum est consacré dans l’article 5 de la constitution.

Ce sont les 3 raisons avancées par le camp présidentiel pour justifier la non-application de l’accord. C’est pourquoi la Majorité présidentielle a signé sous réserve et en appelle à un 3è dialogue.

Sociologie politique oblige, la triade de la crise politique de la RDC était très bien connu, à savoir : Katumbi-Tshisekedi-Kabila. S’en aller sans ce trio a donné échec à la médiation d’Edem KODJO. Conséquence, un deuxième dialogue a eu lieu sous les offices de la CENGO.  Le poids politique joue un rôle très important. Si à la cité de l’UA, les opposants avaient pour Leader Vital KAMERHE, il appert qu’il avait le poids politique élevé que Steve Mbikayi, Justin BITAKWIRA, José Makila, Samy Badibanga, Jean Lucien Bussa, etc. Si le co-modérateur de l’opposition vital Kamerhe a signé l’accord de la CENCO, ses acolytes ne peuvent que suivre. La vrai raison est que certains promus de Badibanga ont peur  de ne pas être reconduits dans le gouvernement chapoté par un vrai membre du Rassemblement.

Etonnement, la MP s’accroche au front pour le respect de la constitution comme si elle était devenue son porte-parole. Eve BAZAIBA a compris le jeu et est monté au créneau pour interdire tous ceux n’étant pas du front qui parle au nom de cette plateforme.

S’agissant du pardon que le Rassemblement devait demander par rapport aux morts, la MP s’embourbe de plus en plus dans sa propre tombe. Il y eut mort d’homme, qui a tué ?  Le rassemblement ou la Police ? Qui dirige la Police ?

Ayant appris par après que la MP ait signé l’accord sous réserve, L’abbé Donatien Nshole s’est dit surpris. Pour le secrétaire général ai de la cenco, C’est vraiment un faux débat dans la mesure où tous, même ceux qui n’ont pas été, que ce soit MLC, que ce soit ceux qui étaient derrière Badibanga, tous ont travaillé. Les amendements sont les leurs. Et puis pour ceux de l’opposition politique, il y a leur modérateur qui a signé. Et puis il y a aussi des pourparlers, ils ont manifesté un mécontentement mais ils n’ont pas dit qu’ils sont fermés. On a des contacts avec eux, il y aura au moins ceux qui vont signer… En tout cas pour le front, ils ont travaillé jusqu’à la fin. Ils ont même brillé par la qualité de leurs interventions.

Est-ce Joseph KOKONIANGI parle le même langage que le Président KABILA ? Pour rappel, il y a peu, après les consultations de la CENCO, après que les évêques aient déposé le rapport auprès du Président KABILA, Alexis TAMBWE MWAMBA a signé un communiqué de la MP regrettant la perte de temps pris inutilement par la Cenco dont il qualifiait le travail fait d’échec. Quelques heures après, il a été contredit par le Président de la République qui a encouragé la CENCO à rechercher l’inclusivité. Ceux qui réfutaient haut et fort qu’il n’y aurait plus de deuxième dialogue, sans honte, se sont retrouvés au centre interdiocésain et sollicite un troisième dialogue. Dommage, à la différence de KODJO, les évêques de la CENCO, prince de l’église sont aussi des vrais diplomates.

Pour plus d’un observateur,  l’accord signé sous la médiation de la CENCO est plus inclusif que celui de la cité de l’UA.

Quels sont alors les enjeux de 2017 ?

Au cas où l’accord est respecté :

  1. Campagne électoral pour la présidentielle, législatives et provinciales : dans un pays où tout monde veut devenir politiciens, les rues des différentes villes risqueraient d’être inondées d’affiches et certains candidats risqueront de manquer des places ;
  2. Fin de règne du Président KABILA après 16 ans au pouvoir.
  3. Première passation civilisée du pouvoir en RDC ;

Au cas où l’accord est violé

  1. Les cycles de violences vont reprendre ;
  2. Les vies humaines  de plusieurs compatriotes seront en danger.

Aux uns et autres, de penser à l’avenir du peuple Congolais qui a beaucoup souffert.

Joël NZ.