vendredi, 21 septembre 2018
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Dr. Denis Mukwege
Dr. Denis Mukwege - Fondateur et Directeur de l'Hôpital Panzi à Bukavu/RDC

RDC : Dr. Denis Mukwege proposé à la tête d’une transition sans Kabila

C’est deux structures de la diaspora congolaise qui veulent voir ce gynécologue, réparateur des femmes, diriger cette période de transition devant conduire aux élections. Le Comité de Soutien au Dr. Denis Mukwege ainsi que la Transition Sans Kabila (TSK), puisque c’est d’eux qu’il s’agit, justifient ce choix par le fait que de manière particulière, spirituellement et intellectuellement structurée, Denis Mukwege est outillé, pour sentir les maux dont souffre le pays. Ainsi, peut-il s’atteler consciencieusement à sa réparation, en commençant par jeter les jalons pendant la période de restauration de l’ordre constitutionnel.  

Lisez plutôt l’intégralité de l’analyse : 

Appel pour une transition sans Kabila : passons de la médiocrité à l’excellence

Contexte politique

Notre pays est plongé depuis un peu plus de trois ans dans une crise politique à cause des velléités de pérennisation au pouvoir du Président Kabila.

Cette crise a été exacerbée par son refus de quitter le pouvoir le 19 Décembre 2016, à l’expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, ainsi que par toutes sortes de manœuvres dilatoires qu’il a orchestrées pour retarder ou empêcher l’organisation de l’élection de son successeur. Le tout constituant une violation grave des articles 70 et 73 de la constitution, qui disposent respectivement que : ‘’Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois » (alinéa 1er) ;

«  Le scrutin pour l’élection du président de la République est convoqué par la Commission Electorale Nationale Indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du président en exercice« .

Il faut ajouter à cela que Joseph Kabila a également violé, quasiment sur toute la ligne, les dispositions de l’Accord du 31 Décembre 2016 qui avait été signé sous l’égide de la CENCO, un peu en marge de la constitution, mais à la suite d’un consensus politique pour sauvegarder la paix dans notre pays en rattrapant l’organisation des élections dans un délai de douze mois.

En effet, les différentes dispositions de cet Accord, à l’exception de celle qui prévoyait un maintien exceptionnel de Joseph Kabila en fonction pour la même durée de douze mois, n’ont pas été respectées.

Il n’y a pas eu : de nomination d’un premier ministre désigné par la plateforme de l’opposition qu’est le véritable « Rassemblement » ;ni de nomination du président du Conseil National de Suivi de l’Accord qui en est également issu ; des mesures de décrispation concernant les personnalités de l’opposition et de la société civile qui sont, pour des raisons politiques, emprisonnées ou contraintes à l’exil; d’organisation d’élections avant la fin de l’année 2017 ; de déclaration solennelle de la part de Joseph Kabila de ne pas briguer de nouveau mandat.

Au total, la première alternance pacifique que le peuple congolais attendait de vivre et qui devait traduire la consolidation de la Démocratie dans notre pays, n’a pas eu lieu mais a été délibérément bloquée par Joseph Kabila et son régime.

La justification d’une transition sans Kabila

Cette grave crise politique que connaît notre pays, nécessite ainsi l’ouverture d’une période de gestion de l’État que d’aucuns appellent « Une Transition sans Kabila » (la petite discussion sur la terminologie idoine peut être réglée assez aisément), laquelle se justifie pour au moins trois raisons.

1) Les différentes solutions qui ont été, au-delà de multiples appels pour le respect de la constitution, mises en œuvre sur le plan national comme sur le plan international pour résoudre ladite crise, n’ont pas donné de résultats probants à cause de la mauvaise foi de Joseph Kabila.

2) Il est absolument indispensable, pour garantir le rattrapage de l’organisation des élections, puisque Kabila est la cause et le cœur du blocage.

3) Il s’agit en même temps, de mettre le plus vite possible un terme à cette aberration constitutionnelle et politique que connaît notre pays en ayant à sa tête, un président illégitime, inconstitutionnel.

Président illégitime parce que démocratiquement parlant, les deux mandats que le peuple lui avait donnés, sont définitivement épuisés.

Président inconstitutionnel ou illégal parce qu’il n’existe pas dans l’ordre constitutionnel de notre pays, de possibilité de prorogation d’un mandat électif qui est bien arrivé à son terme.

Président illégitime également parce politiquement parlant, Joseph Kabila ne peut plus se prévaloir de l’Accord dit de la Saint Sylvestre signé le 31 Décembre 2016. Non seulement parce qu’il l’a allègrement violé, mais aussi et surtout parce que sa validité est arrivée à expiration le 31 Décembre 2017.

Le moins que l’on puisse dire au regard de tout ce qui précède, c’est que tous ces crimes constituent l’une des médiocrités dans lesquelles, avec l’institutionnalisation de la corruption et de la mauvaise gouvernance d’une façon générale, le régime Kabila veut enfermer le peuple congolais. Celui-ci bien évidemment ne l’accepte pas et se trouve aujourd’hui parfaitement fondé à agir pour barrer la route à lui et à son régime. Et ce, en vertu du premier alinéa de l’article 64 de la constitution qui dispose que « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente constitution».

L’ouverture d’une période de Transition afin d’effectuer le retour à l’ordre constitutionnel, avec pour enjeu majeur le rattrapage de l’organisation de trois élections principales que sont la présidentielle ainsi que les législatives nationales et provinciales, n’est que la concrétisation de ce « devoir » dévolu par l’article 64 de la constitution.

La nécessité d’un choix judicieux pour la conduite de la transition

L’efficience de cette Transition, puisqu’il nous faut absolument essayer d’aller vers l’Excellence, exige de mettre beaucoup de rigueur dans le choix de ses animateurs comme dans l’organisation de son fonctionnement.

Nous pouvons ainsi dire, s’agissant du premier point, que les différents acteurs politiques qui sont ou seront candidats aux prochaines élections, et qui sont probablement d’ores et déjà engagés dans leur préparation, ne doivent pas solliciter de poste de responsabilité dans la conduite de cette Transition.

Il est en effet important d’éviter que certains d’entre eux ne se retrouvent en position privilégiée par rapport aux autres en usant des moyens de l’État pour battre campagne.

Nous en appelons en conséquence au rapprochement des personnalités congolaises de la société civile qui constituent par leur probité morale, leur discours et leur conduite, de manière transparente, notoire et constante, des modèles d’exemplarité.

Des personnalités qui ont en même temps, une proximité réelle avec le monde politique ainsi qu’une bonne connaissance de la gestion de la chose publique, et qui sont ainsi aptes pour exercer opportunément et avec efficience, certaines fonctions politiques.

Nous en appelons à tous ces compatriotes afin qu’ils puissent choisir judicieusement « un de leurs » pour diriger dans ces circonstances exceptionnelles de l’histoire de notre pays, la courte période de Transition qui doit permettre la restauration de l’ordre constitutionnel.

Le pressentiment en faveur du docteur Denis Mukwege

Il va sans dire que le docteur Denis Mukwege fait partie de ces personnalités respectables de la société civile congolaise qui font consensus, et qu’il peut être pressenti à juste titre pour remplir cette difficile, mais noble mission de la restauration de l’ordre constitutionnel.

En effet, la traçabilité de sa lutte pour le respect des droits de l’Homme, tout comme celle de la constance de son discours pour l’avènement réel de la Démocratie, de l’État de droit ainsi que de la bonne gouvernance dans notre pays, peuvent être aisément établies.

Son abnégation, son dévouement, son courage et sa persévérance pour « réparer » à la fois les corps, les cœurs et le psychisme des milliers de femmes congolaises victimes de toutes sortes de sévices sexuels dans cette région de l’Est de notre pays qui est en proie à de multiples conflits politico-armés, sont de notoriété mondiale.

Le docteur Denis Mukwege fait concrètement corps depuis de nombreuses années avec le sens du sobriquet de « réparateur de femmes » qui lui a été symboliquement attribué pour porter des maux innommables.

Il est ainsi de manière particulière, psychiquement, moralement, spirituellement et intellectuellement structuré, outillé, pour sentir intimement les maux dont souffre notre pays et s’atteler consciencieusement à leur réparation, en commençant par jeter les jalons pendant cette période de restauration de l’ordre constitutionnel.

Nous dirons simplement en conclusion que nous sommes à un tournant décisif de notre histoire et que nous avons l’obligation de bien le négocier.

Confions donc pour ce faire les manettes à l’un des meilleurs d’entre nous.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

Denis Bukasa

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