mardi, 20 février 2018
Dernières nouvelles
Accueil / A La Une / 30 juin 2017: De l’essence au sens du silence du président Kabila [Editorial]
30 juin 2017: De l’essence au sens du silence du président Kabila [Editorial]

30 juin 2017: De l’essence au sens du silence du président Kabila [Editorial]

Le président de la République Démocratique du Congo,  Joseph Kabila Kabange a décidé de ne pas  s’adresser à la nation à l’occasion du 57ème anniversaire de la fête nationale d’indépendance, célébrée chaque 30 juin. Selon un communiqué de la présidence lu à la chaine nationale, Joseph Kabila est malade. Une première communication du genre depuis son accession au pouvoir en 2001. L’on pourrait lire dans ce communiqué ce qui suit:

« Je regrette que pour des raisons de santé, je ne puis, cette année vous adresser mon message de manière traditionnelle », a fait savoir le président Joseph Kabila dans un communiqué lu jeudi 29 juin sur les antennes de la RTNC. Le président a néanmoins convié ses compatriotes à commémorer la fête de l’indépendance « dans le calme et la méditation ».

De l’essence au sens de son silence

En effet, le silence peut être considéré comme absence de parole, mais il ne cesse d’être communication. Le président Joseph Kabila aurait été guetté par la forte pression qu’il subit ce dernier temps. Le taiseux président serait dans l’ambiguïté totale: persister dans l’entêtement ou écouter le creux de son cœur.

Habitué dans la ruse à travers son silence, son interview au journal allemand a mis à nu ses intentions. Je n’ai rien promis répondait Joseph Kabila il y’a peu au sujet des élections. Comme si, le vaste Congo ne dépend que de la volonté d’un individu qui peut décider de la tenue des élections ou pas. Cette réponse n’a fait qu’accentuer les pressions qui débutaient déjà comme dire, avant le 19 décembre 2016 = après le 19 décembre 2016.

En interne comme en externe, Joseph Kabila est soumis  à des fortes pressions.

Kabila n’est plus alaise. Lui-même s’est mis debout et s’efforce à résoudre seul ses problèmes. Que d’audiences, des déplacements dans le pays, etc. Même son téléphone sûrement n’arrête de sonner pour chercher à atteindre ses objectifs actuels: un nouveau glissement ou referendum après le 31 décembre courant.

Humain qu’il est, le corps à lâcher. Pourtant, en ce moment fort tumultueux caractérisant l’espace politique proprement congolais, le discours du président était pourtant très attendu. Il est surprenant de voir le président ne pas prononcer son discours.  Soit pour confirmer ce que ses adversaires affirment, ou pour infirmer leurs propos.

Le pays va mal note la cenco. Vital Kamerhe abonde dans le même sens. Le Congolais lambda le vit quotidiennement

:l’inflation a atteint des sommets, la crise sociale s’intensifie, le front sécuritaire est en ébullition avec la récurrence des attaques contre les symboles de l’État, les évasions massives,  la pression internationale n’a jamais été aussi forte sur Kinshasa, gestion calamiteuse dans les prou et dans les provinces, la crise humanitaire au Kasaï n’est pas prête de s’estomper , les sanctions internationales et l’Accord du 31 décembre 2017 renvoyé aux calendes grecques, bref l’avenir de la rdc s’annonce sombre.

Comme d’habitude note plusieurs observateurs, Joseph Kabila est « un homme des rendez-vous manqués ».

« Dans les grands moments de l’histoire, il esquive le vrai problème en diluant sa propre responsabilité dans la profonde crise politico-economico-sociale que traverse la RDC ».

Pour jean marc kabund, la crise multiforme que connaît la RDC trouve notamment sa cause dans la non-tenue de la présidentielle en 2016.

Elle a été exacerbée par la mauvaise volonté du président Kabila de mettre derrière le dos l’accord de la saint sylvestre. Cet accord, note un membre de la société civile l’avait serré au coup (pas de référendum, pas de 3eme mandat, etc).

Au regard de la situation sombre que traverse le pays de Lumumba actuellement, seule l’organisation des élections apaiserait les esprits. Le contourner à travers le silence ou la ruse ne résorberait aucun problème.

Joël imbole