lundi, 19 août 2019
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Moustiquaire
moustiquaire imprégnée d’insecticide/Ph. Tiers

Affaire moustiquaire Dawa Tana : COSAP réclame la publication des résultats de test d’efficacité

Au cours d’un point de presse animé à Kinshasa mercredi 12 juin 2019, le Collectif des Organisations de la Société Civile et la lutte contre le Paludisme (COSAP) demande la diffusion des résultats des test d’efficacité qui devraient être faits dans les deux semaines suivant la date du 18 mars 2019 par les institutions de recherche du pays. Tests qui devraient s’opérer sur différents échantillons prélevés sur les moustiquaires imprégnées d’insecticides déjà en RDC, afin de prendre des mesures adéquates et éviter aux populations les méfaits d’une couverture inefficace. 

Après avoir été averti par COSAP du scandale de sous-dosage concernant les moustiquaires Dawa Tana fabriquées entre janvier 2017 et avril 2018 et distribué entre 2017 et 2018, le Ministre de la santé, en date du 18 mars 2019 avait réitéré la décision de la mise en quarantaine et la suspension de la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide Longue durée (MILDA) de marque Dawa Tana jusqu’à l’obtention des résultats de test de bio de l’efficacité.

Selon Dr. Felix de cette organisation de la société civile qui milite pour la lutte contre le Paludisme, ce test devrait être fait sur différents échantillons prélevés sur les Milda déjà au pays, afin de prendre des mesures adéquates et éviter aux populations les méfaits d’une couverture inefficace. Sous le même registre, une note de fond mondial préconisait les mêmes actions, c’est-à-dire, faire le prélèvement d’échantillon des moustiquaires dans différents pays touchés et les soumettre à un test à « Walloon agricultural  research center » en Belgique. Ladite note, faisait état d’un lot en production de 2.843.758 MILDA à livrer en RDC au courant de l’année 2019 ainsi qu’un lot de 843.141 moustiquaires déjà au pays, toutes mises en quarantaine. Malheureusement, déplore-t-il, n’a été rendu disponible concernant le prélèvement effectué au pays, le résultat de test de bio efficacité mené par le laboratoire national et à l’étranger par ce centre de recherche, ainsi que la suite réservée à ce dossier par le Ministre de tutelle.

Le COSAP signale pour information qu’au Mozambique, un pays touché par le même scandale, le Gouvernement avait procédé au renvoie et à la destruction d’un lot de plus ou moins 1 millions de MILDA marque Dawa Tana et ordonné leur remplacement aux frais de marque des fabricants. « Notre pays doit s’inspirer de cet exemple afin de lancer un message fort dans la lutte contre le Paludisme », interpelle le COSAP. Car, des ratés dans cette lutte au pays de Felix Tshisekedi font reculer les efforts consentis à coût des millions USD par la communauté internationale afin d’atteindre l’objectif fixé le 25 avril 2019 qui était l’objectif de « zéro Paludisme, je m’engage ».

En effet, le Nigeria, suivi de la RDC sont les pays qui ont le plus grand lot de Paludisme en Afrique et par ricochet au monde. Dans ces pays, relève le COSAP, il n’est pas tolérable d’une mésaventure, si pas une tricherie telle que l’impose Dawa Tana actuellement.

Vivement la qualité des MILDA

Le COSAP exige de privilégier la qualité et la transparence dans le processus de sélection des fournisseurs. Donc, le scandale Dawa Tana devrait servir d’exemple et pousser les parties prenantes d’être plus rigoureuses et non complaisantes dans la passation des marchés des outils de lutte contre le Paludisme. L’efficacité dans cette lutte dépend non seulement du taux de couverture par l’utilisation des moustiquaires par les ménages, mais aussi de la qualité de cette dernière.

Selon des études, lorsque 10 ménages reçoivent et utilisent les moustiquaires efficaces, l’effet répulsif induit de l’insecticide utilisé, permet de protéger au moins vingt ménages environnant. Cette évidence prouve la primauté de l’efficacité-qualité des moustiquaires ou de paramètre intrinsèque des produits sur les autres considérations telles que les prix et le taux de couverture peu importe également la couleur.

De ce fait, acheter un millions de moustiquaire de piètre qualité à bas prix pour couvrir 250 ménages pourrait revenir à acheter 500 moustiquaires de bonne qualité légèrement élevé pour couvrir 125 ménages, sachant que 125 autres bénéficieraient des effets répulsifs produits par l’efficacité de bonnes moustiquaires. Le COSAP insiste sur la qualité et l’efficacité des moustiquaires que le partenaire achète auprès des fournisseurs pour donation dans les pays en voie développement.

« Certes on est en train de dire qu’une aide ne se refuse pas », reconnait le COSAP. Mais cela doit se faire en conformité des normes acceptées par tous et avec les besoins ressentis sur terrain. Cela, d’autant plus qu’une moustiquaire pour être utilisées en Afrique, doit sans condition aucune, être utilisée sans condition aucune, en Europe et Amérique. S’appuyant sur les normes de l’OMS, les textes et résolutions édictés au niveau du pays, les études menées par les spécialistes en matière de Paludisme ainsi que les présentations faites lors de la troisième journée scientifique célébrée les 29 et le 30 mai dernier à l’Hôtel Memling, le COSAP a attiré l’attention des décideurs et des différentes parties prenantes sur la nécessité de plusieurs éléments.

Il s’agit de s’appuyer sur les évidences disponibles afin de valider les offres de fournisseurs puisqu’il est inacceptable que les produits ayant fait l’objet d’études scientifiques sérieuses qui ont prouvé des déficits d’efficacité sur terrain, soient achetés par les bailleurs sous n’importe quel prétexte. Ainsi, le Gouvernement à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PALU) doit être en mesure de  refuser des telles donations.

En dépit de cela, le Gouvernement devrait doter le laboratoire national des moyens nécessaire pour faire le contrôle qui s’impose à l’entrée des cargaisons des moustiquaires dans le pays, mais aussi de faire le contrôle de routine une fois les produits distribués, le dosage des produits et la période de rémanence de l’insecticide tel que déclaré par le fabricant doit être observé. Aussi, faudra-t-il s’assurer que les produits de lutte contre le Paludisme soit premièrement homologué par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ils doivent également être enregistré à la Direction de Pharmacie et de Médicament (DPM) en suivant les normes internationales et nationales en matière.

Sur le même registre, le COSAP a soulevé de rendre plus transparent et de vulgariser la procédure de sélection et de passation des marchés sur les moustiquaires ou fournisseurs en y impliquant la société civile. Cela, en rappelant au Gouvernement et bailleurs de fonds qu’il est primordial que chaque composante agisse dans la limite de ses responsabilités et dans le respect de l’indépendance de chacun tout en reconnaissant la souveraineté du gouvernement dans toute action quoique menée sous forme de partenariat sans lequel COSAP craint la survenue d’une situation pire que la précédente.

Judith Asina  

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