dimanche, 18 février 2018
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Me Jean Claude katende s’interroge: « A qui profite l’affaiblissement de l’opposition politique en R.D. Congo »

Me Jean Claude katende s’interroge: « A qui profite l’affaiblissement de l’opposition politique en R.D. Congo »

Pour le président de l’asadho, depuis 2011, la volonté  de conserver le pouvoir politique à tout prix a conduit la Majorité Présidentielle à mettre en place plusieurs stratégies allant de la révision de la Constitution, à l’affaiblissement de l’opposition politique, en passant par la révision de la constitution, la corruption et l’infiltration. Ceci suggère que les stratégies de la Majorité Présidentielle ont permis au  Président de la République, Joseph KABILA, de conserver le pouvoir au-delà du terme de son deuxième et dernier mandat, le 19 décembre 2016,  en attirant les dissidents du Rassemblement et en mettant  en place le Gouvernement TSHIBALA.

La plus réussie de toutes ces stratégies semble être selon le président de l’ashado, l’affaiblissement de l’opposition.

Maitre Jean Claude katende a passé en revue chacune de ces stratégies.

Phase 1 : Révision de la Constitution.

La suppression du deuxième tour de l’élection présidentielle telle que prévu à l’article 71 de la Constitution en 2011 était le premier coup infligé à la jeune démocratie par le Président Joseph KABILA.

En dépit des protestations  des partis de l’opposition et de certaines organisations de la société civile, le peuple a accepté cette situation en ayant à l’esprit que l’opposition aurait la sagesse de s’unir contre le Président KABILA lors de l’élection présidentielle de 2011. Malheureusement l’opposition ne s’est pas coalisée.

C’est la première erreur du peuple qui n’avait pas vu le mal venir. Ceci est arrivé parce que  le peuple n’avait pas de leader visionnaire et n’était pas organisé.

Phase 2 : Organisation d’une élection présidentielle émaillée de fraudes  

Au vu et au su de tout le monde, l’élection présidentielle 2011 a été émaillée de fraudes d’une ampleur inimaginable et de violations massives des droits de l’Homme. Aucune résistance à la taille de ces  flagrantes violations n’a pu être organisée ni par la société civile ni par les partis politiques.

Cette élection aurait dû être annulée mais le peuple n’a rien fait pour contraindre la Cour Suprême de Justice à  prendre ses responsabilités.

Le peuple avait surement cru que le Présidente Kabila serait de bonne foi et qu’en 2016, il aurait l’honnêteté et le courage politique d’organiser des élections libres et transparentes. Mais hélas, Joseph Kabila veut conserver le pouvoir à tout prix et contre toute attente.

C’est la deuxième erreur. Le peuple était naïf et 5 ans après, nous en sommes là et le Président Kabila est encore à la tête du Congo.

Phase 3 : L’affaiblissement de l’opposition politique.

L’affaiblissement de l’opposition fait partie du dispositif mis en place par le Président Joseph KABILA et sa machine politique,  la Majorité Présidentielle, pour conserver le pouvoir.

Plusieurs partis de l’opposition étaient visés, surtout le MLC et l’UDPS. Ils ont utilisé deux astuces pour y arriver.

  • La guerre du M23.

Les mécontentements et contestations liés à  l’élection présidentielle de 2011, et la guerre du M23 avaient créé une grande fissure au niveau national. Pour recréer la cohésion nationale, le Président Joseph KABILA et la Majorité Présidentielle avaient convoqué les concertations nationales de 2013.

Au cours desdites concertations nationales, plusieurs résolutions ont été prises pour améliorer la gouvernance politique, économique et sociale du pays,  parmi lesquelles la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale.

Ce gouvernement de cohésion nationale n’était en réalité qu’un appât pour attirer certains opposants politiques,  et plusieurs ont  décidé d’y prendre part.  Le MLC était le parti le plus affecté, car  plusieurs de ses cadres ont accepté de rejoindre ce gouvernement.

Il faut noter que la plus part de résolutions jugées urgentes prises par les participants aux concertations nationales n’ont jamais été mises en œuvre. La seule résolution qui  intéressait la classe politique était la mise en place du gouvernement de cohésion nationale.

  • La fin du mandat du Président Joseph.

Alors que le terme de son deuxième et dernier mandat approchait, le Président Joseph KABILA lance l’idée du dialogue national. Une idée qui divise encore l’opposition politique. Les uns acceptent d’y aller et les autres refusent.

Le premier dialogue a lieu sous la conduite de Monsieur Edem KODJO. Il finit par la signature de l’accord  politique du 18 octobre 2016 et la mise en place d’un autre gouvernement le 19 Décembre, juste quelques heures avant la fin du deuxième et dernier mandat du président Kabila. Plusieurs opposants acceptent d’y prendre part. Plusieurs membres et proches de l’UDPS y prennent part aussi.

A la fin de ce premier dialogue, le Président Joseph KABILA reste à la tête du pays mais l’opposition y sort fragilisée.

Faute d’inclusivité,  l’Accord Politique du 18 octobre 2016 et le gouvernement mis en place sont très contestés.

Quelques jours après la fin du mandat du Président Joseph KABILA, le dialogue de la CENCO commence et aboutit à la signature de l’Accord Politique du 31 décembre 2016 entre le Rassemblement et les signataires de l’Accord Politique du 18 octobre 2016.

La présentation du premier ministre par le Rassemblement et sa nomination par le Président de la République  conduisent à des interprétations différentes et opposent  les deux camps. Plusieurs jours passent sans que les deux parties trouvent une voie de sortie.

Cinq mois plus tard, le Président Kabila viole l’Accord Politique  du 31 Décembre en nommant un Premier Ministre qui ne vient pas du Rassemblement.  Un autre gouvernement est constitué et plusieurs  membres de l’opposition y prennent part.  Une partie de l’opposition refuse d’y prendre part arguant  que le Président KABILA n’a pas respecté l’esprit et la lettre de l’accord de la Saint Sylvestre.

L’opposition s’en trouve, une fois de plus,  affaiblie mais le Président Joseph KABILA, lui  reste toujours le maitre du jeu politique.

C’est ici la troisième erreur  du peuple d’avoir cru naïvement que le dialogue de la CENCO était la solution à la crise politique.

Les querelles des politiciens et leur course pour le contrôle du pouvoir   ont montré au peuple que ce dernier ne doit compter que sur lui-même.

Phase 4 : l’entrée en jeu du peuple.

Quand le Président Joseph KABILA aura affaibli toute l’opposition comme le Président Mobutu l’avait aussi fait,  il sera face au peuple congolais lui-même. Aucun président n’a jamais vaincu un peuple. Le peuple finit toujours par reprendre la main.

Le prochain rendez-vous pour lequel nous devons être prêts, c’est le respect de la constitution et les élections en 2017.

Sur ce point, nous devons savoir que notre pression est nécessaire pour que les prochaines manipulations de la Majorité Présidentielle  consistant à renvoyer les élections à une date ultérieure et, en lieu et place, l’organisation  d’un referendum, ne réussissent pas.

A cet effet, l’organisation du peuple et la mise en place des actions démocratiques stratégiques de pression sont nécessaires.

Ne commettons pas la 4ème erreur en acceptant le renvoi des élections ou le referendum.

Soyons tous débout a-t-il conclu.

      Joël imbole