mardi, 20 février 2018
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Rdc: retour de contestation anti-Kabila dans la rue

Rdc: retour de contestation anti-Kabila dans la rue

En République Démocratique du Congo (RDC), la journée du 31 Juillet a été une journée toute particulière sur toute l’étendue nationale. De Bukavu à Goma, Kinshasa-Lubumbashi, etc les rues de ces villes ont été envahies des hommes en uniforme pour empêcher les jeunes de la lucha de faire leur marche. Contre vents et marées et  malgré les attaques policières, dans certaines villes, les militants de la lucha ont pu marcher pour les uns et arriver au bureau de la ceni provinciale pour  déposer leur mémo pour les autres.

Comme l’année 2016, la contestation anti-Kabila dans la rue est de retour. Elle a donc repris ce lundi 31 juillet par des manifestations organisées à l’appel de la Lucha et plusieurs collectifs de la société civile. Des marches pacifiques pour réclamer la publication par la Ceni, du calendrier électoral, censé fixer les élections présidentielle, législatives et provinciales avant la fin de l’année.

Convoquées par les Mouvements sociaux, ces manifestations ont très vite bénéficié du soutien des leaders de l’opposition: de Moïse Katumbi à Felix Tshisekedi en passant par Vital Kamerhe ou encore Ève Bazaïba, tous les poids lourds ont appelé à la mobilisation derrière la Lucha pour « faire échec à la confiscation du droit constitutionnel des Congolais de pouvoir choisir leur nouveau Président », comme l’a souligné l’ancien gouverneur du Katanga.

Si pour Fred Bauma, l’une des têtes d’affiche de la Lucha – ce concert de soutiens symbolise l’unité dont ils ont besoin pour « sauver le pays du danger » vers lequel il fonce tout droit chaque jour un peu plus – pour les responsables de l’opposition, c’est quitte ou double. En acceptant de se mouiller les maillots dans une action de la société civile, l’opposition sait qu’en cas de faible mobilisation elle sera pointée du doigt, elle qui peine à faire le plein dans la rue depuis la disparition de l’ancien leader incontesté de l’Udps Étienne Tshisekedi.

L’enjeu pour la Lucha et ses soutiens étaient de réussir cette première journée qui a tout d’une journée test, dans un jeu politique où la mobilisation populaire est devenue la variable la plus importante pour l’évaluation de la contestation politique. Se louper ce lundi 31 juillet serait sans doute un mauvais signe pour la suite des événements.

En tout cas, le gouvernement, lui, n’est pas resté bras croisé attendant le triomphe de la Lucha. Il a commencé dès le début du weekend à jouer la démobilisation en lançant sa propre Lucha « pirate » dans les rues de Kinshasa. Histoire de troubler les esprits.

Quelle autre surprise les autorités vont-elles réserver aux marcheurs des évènements qui vont suivre? Difficile de répondre.

Joël imbole