Le monde n’a jamais eu autant besoin de minéraux critiques. Lithium, cobalt, cuivre, nickel ou terres rares sont indispensables aux véhicules électriques, aux éoliennes, aux panneaux solaires, aux batteries et à de nombreuses technologies numériques.
Ces ressources sont au cœur de la transition mondiale vers une énergie plus propre. Mais elles posent aussi un défi majeur : nombre d’entre elles se trouvent dans des pays fragilisés par les conflits, la pauvreté ou une gouvernance défaillante.
Lorsqu’elles sont mal gérées, les richesses minières peuvent alimenter la corruption, financer des groupes armés, favoriser les trafics illicites, dégrader l’environnement et laisser les populations locales à l’écart des bénéfices.
C’est cette contradiction qui a dominé, mercredi, un débat de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ministres et diplomates ont cherché à répondre à une question devenue centrale :
Comment faire en sorte que la ruée vers les minéraux critiques accélère la transition énergétique sans alimenter les conflits ?
Ce qu’il faut retenir
Le débat a marqué une évolution notable de la perception des États membres. Les minéraux critiques ne sont plus seulement considérés comme un enjeu économique ou industriel, mais aussi comme une question de paix, de sécurité, de développement durable et de justice économique.
Un large consensus s’est dégagé : les ressources naturelles doivent profiter en priorité aux pays producteurs et aux communautés locales, plutôt que d’alimenter les conflits, les réseaux criminels ou une nouvelle forme d’exploitation.
Les principales déclaration
Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU
« Les pays et les communautés doivent être les premiers bénéficiaires des ressources situées sur leur propre territoire. »
« Fini l’exploitation. Fini le pillage. »
Chine
« Les pays ont le droit souverain de choisir en toute indépendance la voie du développement et de l’exploitation de leurs ressources naturelles. »
Colombie
« Nous ne pouvons permettre à cette région de supporter une fois de plus les coûts environnementaux et sociaux de l’extraction, tels que le colonialisme nous les a fait connaître. »
République démocratique du Congo
« Les ressources naturelles peuvent être le fondement d’une prospérité partagée ou le moteur de la prédation. Tout dépend de la manière dont elles sont gérées. »
Libéria
« Un diamant peut financer une salle de classe ou alimenter une milice. Une forêt peut faire vivre une communauté ou financer une guerre. La géologie ne choisit pas. C’est la gouvernance qui le fait. »
Pakistan
« L’importance stratégique des ressources naturelles s’accroît à mesure que le monde opère sa transition vers l’énergie propre, l’intelligence artificielle, la fabrication de pointe et les technologies numériques. »
Somalie
«Si la dimension sécuritaire est cruciale, la perspective africaine souligne également que les minéraux constituent un atout stratégique pour le développement, l’industrialisation et une prospérité partagée.»
Avec ONUINFO
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