Le football congolais ressemble aujourd’hui à un grand arbre autrefois majestueux, mais dont les racines sont rongées par des parasites invisibles. Corruption, détournement, tribalisme, divisions… autant de termites qui fragilisent le tronc et menacent de le faire tomber à tout moment.
Sur le terrain, le spectacle est tout aussi préoccupant : des championnats mal organisés, des stades délabrés qui ressemblent davantage à des terrains vagues qu’à des arènes sportives, des jeunes talents abandonnés comme des graines semées sans jamais être arrosées. Sans centres de formation solides, sans sponsors pour nourrir les ambitions, le football congolais avance comme une équipe sans entraîneur, livrée au hasard.
Et pourtant, sous cette poussière, l’or existe. Le pays regorge de talents bruts, comparables à des diamants encore enfouis dans la terre. Avec une bonne organisation, ces talents pourraient briller non seulement en Afrique, mais aussi sur la scène mondiale.
C’est pourquoi le football congolais a besoin de dirigeants nouveaux : des bâtisseurs, pas des prédateurs ; des rassembleurs, pas des diviseurs. Des hommes capables de réparer la maison commune plutôt que de se disputer ses morceaux.
À chaque élection, les candidats arrivent avec des discours séduisants, comme des marchands promettant des récoltes abondantes. Mais une fois élus, beaucoup ferment la porte derrière eux, oublient leurs promesses et se transforment en dirigeants autoritaires, lointains, presque invisibles pour ceux qui les ont portés au pouvoir.
Mais se porter candidat, c’est facile. Être un véritable réformateur, c’est autre chose. Diriger une institution comme la FECOFA ne doit pas être un moyen de s’enrichir ou de diviser, mais une mission de service, presque un sacerdoce.
L’État, lui aussi, a un rôle à jouer. Lorsqu’il soutient réellement le sport, les résultats suivent. Les récentes performances de l’équipe nationale en sont la preuve : bien encadrés, motivés et soutenus, les joueurs congolais peuvent accomplir des exploits et redonner fierté à tout un peuple.
Cependant, la base de ce renouveau reste la FECOFA. C’est elle qui doit détecter, former et encadrer les talents disséminés aux quatre coins du pays, comme un jardinier patient qui veille sur chaque plante pour en faire un jardin florissant.
Aujourd’hui, le destin du football congolais est entre les mains des électeurs. Leur choix sera déterminant. Ils doivent voter avec lucidité, sans complaisance ni calculs, car derrière eux se tiennent des millions de Congolais, les yeux fixés sur ce moment décisif.
Le coup de sifflet final n’a pas encore été donné. Mais le match pour l’avenir du football congolais, lui, a déjà commencé.
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