S’exprimant au sujet des sanctions américaines infligées à l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, le secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), Ferdinand Kambere, a vivement réagi, dénonçant ce qu’il qualifie de mesure injuste et politiquement motivée.
S’appuyant sur un communiqué publié le 30 avril 2026 par le cabinet de l’ancien chef de l’État, Ferdinand Kambere exprime son profond désaccord face aux sanctions prises par le département du Trésor américain. Selon lui, ces mesures reposent sur des accusations infondées et relèvent d’une « reproduction de la rhétorique gouvernementale » concernant la guerre dans l’Est du pays, notamment le conflit impliquant le M23.
« Ce sont des sanctions injustifiées, construites sur des arguments biaisés. On reprend simplement le discours officiel autour d’une guerre que le gouvernement lui-même a engagée contre le M23 », a-t-il déclaré. Il dénonce également la complexité du conflit, évoquant la présence de plusieurs acteurs armés : des forces étrangères, des groupes armés locaux ainsi que des mercenaires, rendant la situation difficile à cerner.
Ferdinand Kambere a aussi pointé du doigt l’implication présumée de forces étrangères dans l’Est de la RDC. « Hier, on accusait le Rwanda de soutenir le M23. Nous avons toujours dit qu’il n’y a pas que l’armée rwandaise, mais aussi l’armée ougandaise. Pourtant, les violences continuent à Beni, à Lubero, et aujourd’hui s’étendent jusqu’en Ituri, une zone pourtant sous contrôle gouvernemental », a-t-il affirmé.
Il rappelle par ailleurs que l’ancien président Joseph Kabila s’était exprimé le 23 mai 2025 en faveur de la fin de la guerre à l’Est, appelant notamment au retrait des armées étrangères et à l’ouverture d’un dialogue pour examiner les causes profondes du conflit. « Malgré cela, on cherche aujourd’hui à lui faire porter la responsabilité de cette crise en le présentant comme un soutien du M23 », déplore-t-il.
Selon lui, ces accusations s’inscrivent dans une logique de bouc émissaire. « C’est regrettable de voir les États-Unis tomber dans ce qu’il considère comme un piège politique, tendu par un régime incapable de répondre aux attentes de sa population », a-t-il ajouté, évoquant également des accords jugés « opaques » dont le contenu reste inconnu du public.
Ferdinand Kambere critique aussi la réaction de certains acteurs politiques face à ces sanctions. « Ceux qui sont actuellement au pouvoir se réjouissent de ces mesures, alors même qu’ils peinent à gouverner efficacement », a-t-il lancé.
Enfin, il rejette catégoriquement l’idée selon laquelle l’ancien président serait à l’origine de l’insécurité persistante dans l’Est du pays. « Après plus de sept ans au pouvoir, les autorités actuelles tentent encore d’imputer cette crise à Joseph Kabila. C’est une honte de vouloir instrumentaliser des sanctions sans preuves solides pour soutenir une telle thèse », a-t-il conclu.
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