La pollution liée aux activités du seul producteur pétrolier de la RDC fait peser de graves risques sanitaires sur les communautés voisines, a déclaré Human Rights Watch le lundi 27 juillet 2026.
Dans un communiqué, HRW rappelle que le gouvernement congolais a commandé un audit environnemental des activités de la compagnie pétrolière et gazière franco-britannique Perenco en décembre 2024, en raison de signalements de pollution de longue date.
Cependant, il n’a pas fourni de calendrier pour la publication du rapport d’audit final, ni publié de conclusions provisoires, ni divulgué publiquement des données essentielles sur la qualité de l’air, des sols et de l’eau.
« Le gouvernement congolais devrait immédiatement publier les conclusions provisoires de l’audit environnemental portant sur la concession de Perenco et divulguer toutes les données de surveillance environnementale », a déclaré Agathe Bounfour, chercheuse principale sur les combustibles fossiles au sein de Human Rights Watch.
A l’en croire, les résidents des communautés ont le droit de connaître l’étendue de la pollution dans leur environnement et les risques pour leur santé.
Des entretiens
En janvier 2026, une équipe de chercheurs de HRW a mené des entretiens auprès de 45 personnes. Des résidents locaux, des travailleurs du secteur pétrolier, des professionnels de santé, des représentants du gouvernement et des experts en environnement et en santé publique, à Muanda, où se trouvent les opérations, et à Kinshasa, la capitale. HRW a également analysé des images satellites ainsi que des vidéos et des photographies géolocalisées provenant de sources locales.
L’organisation a constaté que le torchage du gaz et l’incinération des déchets par Perenco ont contribué à la mauvaise qualité de l’air sur sa concession, créant des risques sanitaires pour les résidents locaux.
À un endroit, le torchage s’est produit à moins de 80 mètres d’habitations. Des habitants souffrant de maladies respiratoires et vivant à proximité de ces sites de torchage ont confié à HRW qu’ils pensaient que la pollution atmosphérique provenant de ces opérations en était responsable. Les habitants ont également fait état de symptômes aigus, tels que des douleurs thoraciques et des nausées, qu’ils ont attribués à la fumée provenant de la combustion dans une installation de traitement des déchets située à deux kilomètres d’un village.
Un villageois de la zone de concession de Perenco a indiqué : ‘’Le pétrole se déverse dans les rivières où nous nous baignons’’.
Un homme d’une quarantaine d’années, qui vit près d’un « Tank farm », une installation de stockage et de traitement du pétrole a expliqué :
‘’Lorsque le gaz est brûlé à la torche dans le Tank Farm, nos yeux nous brûlent et nous souffrons de maux de tête et de vertiges’’.
Le responsable du personnel de santé d’un hôpital local a affirmé que, selon lui, les villages disposant d’infrastructures pétrolières connaissaient « des taux plus élevés de maladies respiratoires que les zones dépourvues de production pétrolière ».
HRW rappelle que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel la République démocratique du Congo est partie, garantit le droit au « meilleur état de santé physique et mentale que [toute personne] soit capable d’atteindre». Le droit à la santé oblige les gouvernements à prendre des mesures « visant à empêcher et réduire l’exposition de la population … aux produits chimiques toxiques et autres facteurs environnementaux nocifs ayant une incidence directe sur la santé des individus».
José Mafuta
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