L’ONG Human Right Watch a rendu public son rapport intitulé « la mort était partout », qui parle des détentions arbitraires, Détention arbitraire, meurtres et recrutement forcé commis par le M23 et les Forces rwandaises de défense. Parmi les témoignages recueillis plus personnes interrogés confirment que l’entrainement se faisait en kinyarwanda.
Ce rapport, basé sur des entretiens avec 102 anciens détenus et des dizaines d’autres sources, documente la détention par le M23 de milliers de combattants capturés et de civils, dont certains âgés d’à peine 12 ans, dans des centres d’entraînement ou des camps militaires, où ils ont été enfermés dans des conditions inhumaines pendant des semaines ou des mois et ont fait l’objet de passages à tabac, de mauvais traitements sévères et d’exécutions sommaires.
L’ONG rapporte que le M23 a imposé une formation idéologique, physique et militaire violente de plusieurs mois aux personnes recrutées de force et transférées à Rumangabo ou à Tshanzu.
Selon ce rapport, toutes les personnes interviewées par Human Rights Watch ont déclaré que l’entraînement se déroulait principalement en kinyarwanda et, dans une moindre mesure, en anglais et en kiswahili. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, un ancien détenu de Rumangabo a répondu : « Ils étaient Rwandais. Ils nous forçaient à parler en kinyarwanda et nous disaient : “Bientôt, le kinyarwanda sera la langue nationale”».
D’anciens détenus de Rumangabo et de Tshanzu ont expliqué que ceux qui parlaient le lingala étaient la cible d’abus, en particulier s’ils étaient surpris en train de parler lingala ou ne comprenaient pas les instructions qui leur étaient données en kiswahili ou en kinyarwanda, les principales langues parlées dans les deux camps.
« Ils m’ont battu parce que je parlais en lingala. Ils ont dit que c’était une langue de voyous », a raconté un ancien détenu de Rumangabo.
« Ils m’ont frappé à la tête et au dos avec leurs bâtons en bois jusqu’à ce que je saigne. »
Un autre a indiqué aux enquêteurs: « J’ai vu mon collègue se faire tuer. Ils lui ont parlé en kinyarwanda et il a répondu en lingala. Le garde a dit : “Ce sont des gens de Kinshasa qui gèrent mal le Congo” et ils l’ont tué».
D’anciens détenus de Tshanzu ont signalé avoir subi des abus lorsqu’ils ne comprenaient pas l’enseignement en kinyarwanda.
« Certains faisaient des erreurs parce qu’ils ne comprenaient pas le kinyarwanda », a raconté l’un d’eux.
« J’ai été fouetté parce que je ne comprenais pas la langue rwandaise. Ils m’ont fracturé les doigts lorsque j’ai essayé de mettre les mains pour me protéger [les fesses].
José Mufula
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