Fridolin Ambongo

Mgr Fridolin Ambongo : « je dois le dire avec clarté : sans dialogue, il n’y aura pas de paix »

L’archevêque de Kinshasa a relevé l’importance du dialogue national et inclusif en vue d’une paix durable en RDC lors des assises de Sant’Egidio, lundi 26 octobre 2026. Pour lui, la force militaire seule n’apportera pas la paix au Congo.

Devant ses paires, Mgr Fridolin Ambongo a rappelé que la guerre dure depuis plus de trois décennies en RDC. Parce que, dit-il, l’être humain a perdu sa valeur. Sa dignité d’être créé à l’image de Dieu n’est plus reconnue ; seuls comptent les minerais et les richesses. Le coltan, la cassitérite, l’or de nos collines nourrissent la guerre au lieu de nourrir nos enfants.

A l’en croire, il y a là une double injustice : une injustice intérieure, quand la richesse se concentre entre les mains d’une petite minorité tandis que l’immense majorité vit dans la pauvreté ; et une injustice extérieure, quand des intérêts étrangers, voisins ou lointains, se disputent nos ressources.

Sans accuser les autres, il souligne que la paix en Afrique dépend d’abord des Africains. Pour cette raison, ensemble avec l’Église du Christ au Congo, l’Église catholique a proposé le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble ».

‘’Ce n’est pas un programme politique. C’est une méthode : s’asseoir ensemble, écouter les blessures des uns et des autres, reconstruire la cohésion nationale autour d’un idéal commun et non autour des personnes’’, lance Fridolin Ambongo.

C’est dans ce cadre qu’il a fait allusion au dialogue national inclusif que le Président Felix Tshisekedi a annoncé en juillet dernier. Cependant, « ce dialogue est bloqué. On pose des préalables, on trace des lignes rouges, on décide à l’avance qui pourra s’asseoir à la table et qui en sera exclu ».

Il dit comprendre les blessures et les méfiances et suppose qu’elles sont réelles, et le sang versé crie justice.

‘’Mais je dois le dire avec clarté : sans dialogue, il n’y aura pas de paix. La force militaire seule n’apportera pas la paix au Congo ; seul un processus politique inclusif le pourra. Un dialogue qui exclut ceux avec qui l’on est en guerre n’est pas un dialogue : c’est un monologue’’, déclare l’archevêque de Kinshasa.

Le dialogue selon lui, est le mot sacré, le mot-clé qui peut nous sauver, « et il faut avoir le courage de le mener même avec ceux que nous considérons comme des ennemis. La paix ne se fait pas entre amis ; elle se fait entre adversaires qui acceptent de se reconnaître comme frères ».

José Mafuta

Lire Aussi Sur Matininfos.NET

RDC : l’ONU réclame une enquête pour meurtre d’un infirmier engagé dans la riposte contre Ebola

Les Nations Unies ont condamné le meurtre d’un infirmier engagé dans la riposte contre Ebola, …

Avez-vous aimé l'article? Partagez et Laissez votre commentaire