Prof Augustin Nge Okwe : « une Constitution de Nouvelle Génération ne doit pas être confondue avec un projet de prolongation du pouvoir d'un individu »

Prof Augustin Nge Okwe : « une Constitution de Nouvelle Génération ne doit pas être confondue avec un projet de prolongation du pouvoir d’un individu »

Les réactions fusent de partout après la prise de position des évêques Catholiques du le changement de la Constitution. Le Prof Augustin Nge Okwe, la prudence de la CENCO est légitime. Cependant, une Constitution de Nouvelle Génération ne doit pas être confondue avec un projet de prolongation du pouvoir d’un individu ».

Dans une analyse, cet enseignant d’Universités fait quatre clarifications au sujet du changement de la Constitution.

Premièrement, il estime que réforme constitutionnelle ne signifie pas automatiquement troisième mandat.

Pour lui, une Constitution de Nouvelle Génération ne doit pas être confondue avec un projet de prolongation du pouvoir d’un individu ou d’un groupe politique.

Si une réforme constitutionnelle vise uniquement à contourner les limitations de mandats prévues par l’article 220, alors les inquiétudes de la CENCO seraient parfaitement fondées.

En revanche, si l’objectif est de renforcer la gouvernance, la souveraineté économique, l’industrialisation, la protection des ressources stratégiques, l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou la transition énergétique, alors le débat mérite d’être examiné sur son contenu réel et non sur des intentions supposées.

Deuxièmement, Prof Augustin Nge estime qu’aucune Constitution n’est éternelle. D’autant plus que l’histoire constitutionnelle mondiale démontre que les constitutions évoluent avec les sociétés.

Il cite notamment la France qui a connu plusieurs constitutions depuis 1789 ; le Brésil qui a adopté sa Constitution actuelle en 1988 ; l’Afrique du Sud qui a adopté sa Constitution démocratique en 1996.
Pour lui, ce qui est dangereux n’est pas le changement lui-même. Mais, un changement imposé, non consensuel ou motivé par des intérêts personnels.

En troisième lieu, il se demande si la Constitution de 2006 a e été conçue pour les défis de 2050.
Selon lui, la Constitution de 2006 a été élaborée dans un contexte particulier. Il s’agit de sortie de guerre ; réunification nationale ; transition démocratique ; reconstruction institutionnelle.
‘’Elle a rempli une mission historique essentielle. Mais le monde de 2026 n’est plus celui de 2006. Aujourd’hui, les défis concernent notamment : l’intelligence artificielle ; la souveraineté numérique ; les minerais critiques ; les batteries électriques ; le crédit carbone ; la transition énergétique ; la cybersécurité ; la compétition géoéconomique mondiale’’, déclare-t-il.

Et de renchérir
‘’La question est de savoir si elle est suffisante pour préparer la RDC à ces nouveaux défis’’.

Quatrièmement, il indique que la Constitution seule ne suffit pas.

La CENCO rappelle à juste titre qu’aucun texte constitutionnel ne peut remplacer la qualité des dirigeants.

A l’en croire, une Constitution moderne ne garantit pas automatiquement le succès. Mais elle peut créer les conditions favorables à la réussite.
Cinquièmement, ce prof renseigne que la priorité demeure l’unité nationale.

Etant donné que La CENCO affirme que la paix, l’unité et la cohésion nationale doivent rester prioritaires. « Cette affirmation est incontestable », dit-il.

C’est pourquoi, aucune réforme constitutionnelle ne devrait être engagée contre une partie importante de la population ; dans un climat de confrontation ; sans débat national ; sans consensus minimal.

Quelle méthode pour une éventuelle réforme ?

Si une réforme constitutionnelle devait être envisagée, Prof Augustin Nge suppose qu’ elle devrait reposer sur notamment une consultation nationale inclusive ; Une commission d’experts indépendants ; Une participation de la société civile ; Une implication des confessions religieuses ; Une participation de la diaspora ; Une large sensibilisation populaire ; Le respect strict des dispositions constitutionnelles en vigueur.
Au Finish, il remarque que la CENCO a raison lorsqu’elle rappelle que la Constitution ne doit pas être manipulée pour des intérêts individuels ou partisans.

Mais il est également légitime de s’interroger sur l’adaptation des institutions congolaises aux réalités du XXIᵉ siècle.

Le véritable débat ne devrait pas opposer les défenseurs de la Constitution de 2006 aux partisans d’une Constitution de Nouvelle Génération.

Le véritable débat devrait être : « Comment préserver les acquis démocratiques de 2006 tout en dotant la RDC des institutions nécessaires pour devenir une puissance industrielle, énergétique, scientifique, numérique et écologique à l’horizon 2050 ? »

José Mafuta

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