Affaire ESU : les doyens de la société civile du Sud-Kivu renvoient Gouvernement et AFC/M23 devant leur responsabilité

Affaire ESU : les doyens de la société civile du Sud-Kivu renvoient Gouvernement et AFC/M23 devant leur responsabilité

Les doyens de la société du Sud-Kivu sortent de leur réserve à la suite du ping-pong qui se joue actuellement entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23 dans l’affaire de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).

Dans un communiqué, ces doyens regrettent que le Gouvernement de la République ait, indistinctement pris des décisions généralisantes oubliant que les populations de Goma et de Bukavu se trouvent sous occupation par le fait de son incapacité à les sécuriser et les protéger.
Pour eux, Kinshasa est tombée dans le piège de l’AFC/M23 qui se réjouit du fait que ces décisions apportent de l’eau à son moulin dans sa campagne de dénigrement.
‘’Il y avait, pourtant, de nombreux autres moyens, plus réfléchis et moins délétères de contenir cette action’’, disent-ils.

Gouvernement congolais

Ils remettent en cause toutes les trois mesures prises par le Gouvernement congolais. Il s’agit de la suspension jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités académiques et para-académiques 2026-2027 ; l’accueil et admission des étudiants provenant des établissements situés dans les zones sous contrôle rebelle dans les établissements universitaires des zones non affectées par le conflit, autrement dit dans les autres provinces. Et se demandent avec quel moyen financier, quelle garantie sécuritaire cela sera-t-il possible étant donné que la plupart de personnes qui viennent de l’Est sont traitées à tort et à travers d’infiltrés rwandais ; ainsi que la suspension de paiement des rémunérations des professeurs nommés par les rebelles. Vingt-huit Professeurs, Douze Chefs des travaux, Trois assistants et Cinq autres personnes sont concernés. D’autant plus que certaines nominations ont été faites sans consultation préalable des concernés ; d’autres l’ont été mais ont eu peur pour leurs vies et celles de leurs dépendants ; d’autres encore, en effet, ont été consentants.

AFC/M23 devient un vrai problème

Au lieu d’être une partie de la solution comme il le prétendait et le prétend encore ce jour, disent les doyens de la société civile du Sud-Kivu, l’AFC/M23 devient un vrai problème. Ils rappellent que beaucoup de leurs actes ne rassurent ni du changement ni de la révolution promise.

Ils indique que c’est par le fait de leur rébellion que l’éducation et l’instruction des enfants sont mises en difficultés du fait de leur immixtion dans l’organisation et le fonctionnement des Etablissements Supérieurs et Universitaires, alors que constitutionnellement, légalement, ils n’en ont ni le droit, ni la légitimité.

Ils rappellent de ce fait les rôles et règles de la même UNESCO qui disent entre autres :
‘’l’UNESCO et ses conventions réservent le droit d’accréditer et d’homologuer les diplômes aux seuls gouvernements reconnus et légaux ; ‘’Une entité rebelle n’a pas d’existence juridique internationale pour valider des programmes scolaires ou universitaire de manière officielle ; les textes de l’UNESCO exigent qu’un titre ou un grade soit sous l’autorité directe d’un Etat membre contractant’’.
Ces doyens se questionnent, finalement, si c’est au compte de qui ces deux acteurs, qui montrent leurs biceps, travaillent si, une fois de plus ils mettent à mal les populations.

C’est pourquoi ils recommandent à l’AFC/M23 de retirer ses différentes nominations dans les différentes universités et de tout faire pour mettre hors champs politique l’éducation des jeunes. Au Gouvernement congolais de reconsidérer toutes ses décisions dont la désactivation des salaires des personnes concernées pour encourager les jeunes à rester attachés à la seule patrie.

A la jeunesse de la ville de Goma et Bukavu, les doyens de la société civile signalent que l’éducation n’est pas une faveur mais plutôt un droit inaliénable. Ils leur demande de ce fait, d’exiger et utilisez toutes les voies de droit pour réclamer la non-politisation de l’éducation et que ces deux acteurs afin de conclure, en toute beauté l’année académique en cours.

José Mafuta

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