Mukwege

Dr. Mukwege sur les massacres de Kipupu : « ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC »

Le prix Nobel de la paix s’insurge contre l’impunité qui élit domicile en RDC, malgré les multiples tueries qui sèment désolation, surtout dans l’Est du pays. Au sujet des massacres de Kipupu, chef-lieu du territoire de Mwenga, dans le Sud-Kivu, Dr. Mukwege indique que ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC. 

Les massacres perpétrés à Kipupu, ayant causé la mort à 200 personnes et 10  femmes violées continuent à défrayer l’actualité. Un crime dont on dénombre également 250 maisons incendiées et plus de 150 personnes portées disparues. 

Selon Dr. Mukwege, ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC. « Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996 », déclare-t-il.

Dans un Tweet où il s’exprime, Dr. Denis Mukwege rappel le rapport Mapping des nations unies. Pour lui, tant que l’impunité perdurera et que les recommandations de ce récit ignorées, les massacres des congolais continueront.

En effet, le rapport mapping dresse l’inventaire des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Il s’agit de violations commises sur le territoire de la RDC entre mars 1993 et juin 2003.

Pour ce rapport, la grande majorité des 617 incidents recensés pourrait constituer des crimes internationaux. Ce, s’ils font l’objet d’enquêtes et  poursuites judiciaires complètes. En particulier, des crimes de guerre commis pendant les conflits armés, internes ou internationaux. Mieux, des crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile. Mieux, dans de nombreux cas, qu’il s’agisse des deux. En terme de justice, la réaction des autorités congolaises devant cette avalanche de crimes graves s’est avérée minime, voire inexistante.

Justice transitionnelle

Le rapport propose la mise en place d’une politique holistique de justice transitionnelle. Un processus  qui s’appuierait sur la création de mécanismes divers et complémentaires, judiciaires et non judiciaires.

Toutefois, il se garde de donner des recommandations ou directives proprement dites. Mais, il examine les avantages et inconvénients des diverses options de justice transitionnelle en matière de vérité ; de justice ; de réparation et de réhabilitation des victimes ; de réforme des institutions de justice et de sécurité, y compris des mesures d’assainissement (vetting) ; dans le contexte congolais actuel. Le Gouvernement de la RDC et la société civile devront être examinées ces options qui comprennent: la création d’une juridiction mixte; la création d’une nouvelle Commission Vérité et Réconciliation; des programmes de réparation ; des réformes à la fois du secteur de la justice et des forces de sécurité. Question de de s’assurer que la population congolaise s’associe intimement à l’identification des besoins ;  à la détermination des priorités et à la recherche des solutions.

Judith Asina

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