3ᵉ mandat en RDC : Tshisekedi se dit prêt « si les Congolais le demandent », l’opposition dénonce une « dérive dictatoriale »

Devant la presse à Kinshasa le mercredi 6 mai 2026, Félix Tshisekedi a, pour la première fois, évoqué sans détour l’hypothèse d’un troisième mandat. Des propos qui ont immédiatement fait réagir l’opposition, vent debout contre ce qu’elle qualifie de « manœuvre à découvert ».

Au pouvoir depuis 2019, le chef de l’État s’est dit « prêt » à rempiler « si les Congolais » le lui demandent. Il a toutefois ajouté que « si changement ou révision [de la Constitution] doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, par référendum ».

Pour Delly Sesanga, président d’Envol, il n’y a plus de doute : « Ce soir, les masques sont tombés. Félix Tshisekedi manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite ». L’opposant appelle « tous les démocrates à faire obstacle à cette dérive ».

Citant Patrice Emery Lumumba, l’ancien député national élu de Luiza rappelle : « Le Congo est un grand pays. Il exige de ses dirigeants grandeur, dignité et responsabilité ». Selon lui, cela se mesure par « le respect de la Constitution, des institutions et de la stabilité nationale, non par la recherche frauduleuse d’une prolongation des mandats ». Et d’ajouter : « Être un homme d’État, c’est avoir le sens de l’Histoire et éviter à son pays de replonger dans les pratiques du passé qui ont conduit au chaos. Ces dérives, les fondateurs de l’UDPS les ont combattues hier ; nous les avons combattues ensemble, au prix de lourds sacrifices ».

Même ligne dure chez Claudel Lubaya. Pour l’ancien député élu de Kananga, aujourd’hui en exil en Belgique, Félix Tshisekedi « n’a ni mission ni troisième mandat à conquérir ». Il balaie l’argument de la « volonté populaire » évoqué par le président : « Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit. Notre loi fondamentale organise exclusivement les modalités de sa révision, et non celles de sa transgression, sous peine de haute trahison », a-t-il écrit sur son compte X.

Il rappelle que « la Constitution encadre strictement les modalités de sa révision à l’article 218 et consacre le devoir de sa protection à l’article 64 », avant de prévenir : « Toute violation intentionnelle de ses dispositions, notamment par les autorités publiques, est susceptible de constituer une haute trahison au sens des articles 164 et 165 ».

Du côté du Front commun pour le Congo (FCC), la sénatrice honoraire Francine Muyumba se montre consternée par cette volonté d’un troisième mandat. « C’est clair, la paix n’est pas une priorité. La conservation du pouvoir paraît désormais primer, peu importe le prix politique, institutionnel ou humain que le peuple devra payer. C’est véritablement dommage pour une nation qui aspire avant tout à la stabilité, à l’unité nationale et à une paix durable », a-t-elle écrit.

Le porte-parole de Lamuka, Prince Epenge, résume à sa manière l’intervention du chef de l’État : « Conclusion : pas de dialogue, pas d’élections, pas de fin de guerre. Le Roi veut d’abord son 3ᵉ mandat ! Il se trompe ».

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