« C’est l’épidémie d’Ebola la plus complexe en raison de la forte densité et mobilité de la population et du contexte sécuritaire », a reconnu Oly Ilunga, Ministre de la santé au cours d’un point de presse animé vendredi 7 juin 2019 à Kinshasa. Pour y mettre fin, il y a nécessité d’une surveillance épidémiologique assidue, de la prévention et le contrôle des infestions renforcées ainsi que des enterrements sécurisés pour permettre de limiter la propagation communautaire du virus.
Pour le Ministre, tous les contacts des cas confirmés doivent être listés et suivis pendant 21 jours afin de briser la chaîne de transmission. Or, parmi les 911 nouveaux cas enregistrés entre le 1er janvier et le 7 mai 2019, seulement 398, soit 44 % étaient enregistrés comme contacts suivis. Ce qui explique la nécessité de renforcer le listage et le suivi des contacts en impliquant davantage les autorités et leaders communautaires.
En dépit de cela, les mesures de Prévention et Contrôle des infections (PCI) doivent être renforcées dans les formations sanitaires communautaires afin de réduire le taux d’infection nosocomiale. Car, entre 25 et 30 % des contaminations ont lieu dans des formations sanitaires.
En effet, le taux de décès communautaire reste élevé. Entre 28 et 43 % de décès notifiés chaque semaine ont lieu en dehors d’un centre de traitement d’Ebola ou un centre de transit. Ces décès, selon le Ministre, ont lieu soit dans des hôpitaux et cliniques privés, dans des centres de santé communautaires ou à la maison. Or, la contagiosité d’un malade étant maximale après sa mort, les enterrements dignes et sécurisés permettent de limiter la propagation communautaire du Virus. Ce qui est positif c’est que la majorité des décès communautaires bénéficient d’un enterrement digne et sécurisé.
A en croire le Ministre, les attaques armées sont responsable de l’augmentation des cas de Maladie à Virus Ebola (MVE) entre mars et juin 2019. Car, la barre des 1.000 cas a été atteinte le 24 mars dernier, soit près de 8 mois après la déclaration de l’épidémie. En 10 semaines, ce nombre a doublé pour atteindre 2.000 cas le 2 juin 2019. Cette augmentation rapide des cas est directement liée aux attaques armées contre les équipes et les opérations de la riposte à Butembo et Katwa qui ont commencé avec les incendies des Centre de Traitement Ebola (CTE) fin février 2019 et qui ont atteint un point culminant ave le meurtre du Dr. Ruchard Valery Mouzoko le 19 avril de la même année. Ce qui est dû au fait qu’après chaque attaque armée, les activités de riposte nécessaires pour briser la chaîne de transmission sont interrompues pour une durée indéfinie. Par conséquent, une augmentation de cas de MVE était observée tous les 10 à 15 jours après chaque attaque.
Engagement communautaire différent de violences armées
Le Ministre Oly Ilunga estime que face à une maladie mortelle, la réticence est une réaction normale. Même lorsque la réticence communautaire prend une forme parfois violente comme ce fus le cas à Butembo et Katwa, il est possible d’améliorer la situation grâce à l’engagement communautaire.
cependant, l’engagement communautaire dans une riposte contre Ebola consiste à engager de manière proactive les communautés affectées et celles à risque, à leur fournir des conseils sanitaires fiables et adaptés pour les encourager à adopter les bons comportements, tout en répondant aux préoccupations de la communauté. Il s’agit d’une approche transversale qui se retrouve dans toute la riposte contre Ebola et qui comprend cinq piliers principaux parmi lesquels le WASH qui veut dire le fait d’arrêter la transmission en renforçant les capacités des institutions communautaires, notamment les écoles, églises et centres de santé. L’autre pilier concerne le soutien aux familles affectées, aux survivants et mécanisme de médiation pour répondre aux réticences et résistances communautaires. Le Ministre a également parlé du soutien aux familles affectées, aux survivants et mécanisme de médiation pour répondre aux réticences et résistances communautaires ; l’engagement des communautés à travers entres autres les médias de masse, les dialogues communautaires ; l’information et prévention de la transmission de la MVE dans les milieux scolaire ainsi que le soutien nutritionnel aux patients et leurs familles.
« Il faut faire une distinction entre les violences communautaires et les violences armés ciblant délibérément les équipes et opération de la riposte », a déclaré le Ministre. Car, la deuxième catégorie ne peut être résolue par l’engagement communautaire. Ces violences armées contre le personnel médical et les infrastructures sanitaires dans un contexte de conflit armé sont une violation claire de la protection des agents de santé prévue par le droit international et humanitaire, et relèvent de la justice nationale et internationale.
Judith Asina
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