Selon son récent rapport, le Groupe d’experts des Nations unies n’a pas documenté d’assassinats ciblés de civils Banyamulenge. Plusieurs sources, affirment que les autorités gouvernementales, notamment le Président congolais, Félix Tshisekedi, auraient donné pour consigne aux membres des Wazalendo de ne pas s’en prendre aux civils, en particulier aux Banyamulenge.
Avant son retrait d’Uvira en janvier 2026, dit le rapport de ce groupe d’expert, l’AFC/M23 avait ordonné à la communauté Banyamulenge de quitter la ville, affirmant que les Wazalendo et les FARDC les prendraient pour cible une fois de retour. Cet ordre a donné lieu à des allégations, émanant notamment de certains membres de la communauté Banyamulenge, selon lesquelles ce déplacement leur aurait été imposé dans le but d’accréditer l’existence d’une menace génocidaire visant leur communauté.
Lors de leur retour à Uvira le 18 janvier, les groupes Wazalendo ont provoqué des troubles généralisés, se livrant à des pillages, détruisant des biens civils, humanitaires et publics, et assassinant des personnes accusées de collaborer avec l’AFC/M23.
Des membres de la communauté Banyamulenge et des biens leur appartenant ont également été touchés par ces violences, des églises et des habitations ayant été pillées ou détruites dans plusieurs quartiers. Le Groupe d’experts n’a pas documenté d’assassinats ciblés de civils Banyamulenge. Selon plusieurs sources, les autorités gouvernementales, notamment le Président congolais, Félix Tshisekedi, auraient donné pour consigne aux membres des Wazalendo de ne pas s’en prendre aux civils, en particulier aux Banyamulenge. Les FARDC ont pris sous leur protection les 31 familles Banyamulenge qui se trouvaient encore à Uvira. Les faits signalés font actuellement l’objet d’enquêtes.
Garçons de 10 à 12 ans contraints de rejoindre Twirwaneho
La population Banyamulenge, concentrée à Minembwe et dans ses environs, s’est retrouvée prise au piège des hostilités en cours. Depuis la mi-2025, la localité de Minembwe est de fait encerclée par les FARDC et les forces alliées, ce qui entrave considérablement les mouvements de la population ainsi que l’acheminement des produits de première nécessité et de l’aide humanitaire. Depuis février 2026, le seul accès possible est par voie aérienne. Toutes les lignes de communication ont été coupées, ce qui aggrave encore la situation humanitaire.
Parallèlement à cela, le MRDP/Twirwaneho a empêché les civils de quitter Minembwe par crainte de défections et de fuites d’informations, notamment en recourant à la coercition et à la menace de la violence. Comme signalé précédemment, tous les garçons âgés de 10 à 12 ans et tous les hommes valides ont été contraints de rejoindre Twirwaneho et de prendre part aux combats.
‘’Ce qui constitue une violation de l’interdiction du recrutement forcé et du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans les conflits armés’’, dit ce groupe d’experts.
Les dirigeants du MRDP/Twirwaneho et de l’AFC/M23 ont affirmé que les FARDC et la FDNB avaient mené une campagne d’extermination préméditée, systématique et ciblée contre la population Banyamulenge, notamment en menant des bombardements aériens sur des zones densément peuplées. Bien que la population civile des Hauts Plateaux ait été exposée à des risques importants du fait des hostilités en cours, le Groupe d’experts ne dispose pas d’éléments de preuve permettant de conclure qu’elle a été prise pour cible intentionnellement. Dans le contexte des fréquentes opérations aériennes observées depuis la mi-2025, des membres de la communauté Banyamulenge et des organisations de défense des droits humains ont signalé que trois civils avaient été tués (un adolescent et deux personnes âgées).
José Mafuta
MATININFOS.NET – Information de la RDC en toute impartialité site d'actualité en République Démocratique du Congo (RDC)
Avez-vous aimé l'article? Partagez et Laissez votre commentaire