Le Bureau de Coordination de la société civile du Sud-Kivu (BCSC/Sud-Kivu) a lancé un message à l’occasion des 66 ans de l’indépendance de la RDC. Tout en s’opposant au changement de la Constitution, cette structure citoyenne estime que la paix est une priorité car elle permettra à la population traumatisée de ne pas le devenir davantage si on l’exclut du débat actuel.
Dans ce message qu’a signé Me Nene Bintu sa présidente, le BCSC exprima sa profonde déception car « comment fêter l’indépendance pendant qu’il y a plus de 7 millions de déplacés internes, de millions de réfugiés fouillant les atrocités du Nord et Sud Kivu ? »
Et d’ajouter
« Comment chanter le Débout congolais, notre hymne national pendant que l’intégrité de notre territoire est menacée par la soudanisation et la balkanisation ? la vraie indépendance c’est aussi la paix qui est pris en otage aujourd’hui ».
C’est pourquoi, la société civile demande aux signataires des Accords de paix de Doha et Washington, de respecter leurs signatures. Il s’agit du retrait total des troupes rwandaises sans conditions, le désarmement des groupes armés et la réintégration qui doit se faire au cas par cas. «
‘’la protection des civils est une priorité des priorité, pas de demi-mesures car c’est cela qui a été convenu à Washington’’, souligne ce message.
Aux garants internationaux des Accords de Doha et Washington, le BCSC recommande de passer des simples déclarations aux actes. La RDC n’a plus besoin de compassion. Mais que justice soit faite au peuple congolais en général et aux victimes de guerre en particulier, elles qui sont exclues de toutes ces initiatives de paix.
‘’Elles pourront devenir les bourreaux de demain si rien n’est fait pour elles aujourd’hui’’, renseigne la société civile.
Tout en demandant à la population de ne pas perdre espoir, le BCSC prie les dirigeants du pays de privilégier la voix de la paix, de la cohésion sociale et du dialogue constructif.
‘’Réfléchir sur les défis et points forts de notre Constitution 20 ans après sa promulgation est permis mais il faut tenir compte du contexte. La paix est une priorité car elle permettra à la population traumatisée de ne pas le devenir davantage si on l’exclut du débat actuel. N’attendez pas que le sang coule à cause du débat sur le changement de la Constitution’’, déclare la société civile.
José Mafuta
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