mercredi, 26 juin 2019
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femmes accusées de sorcellerie
Illustration (Ph. Tiers)

Kinshasa : Une femme accusée de « sorcellerie » craint pour sa vie et celle de ses enfants

Elle s’appelle Mme Stella Basela, résidant la commune de Ngaliema à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, victime d’un opprobre,  suite au décès de trois de ses frères, en l’espace de trois ans.

Dans la culture congolaise, la mort, la souffrance, les malheurs ou les maladies n´ont jamais une origine naturelle. Depuis l’expansion à Kinshasa des églises dites de « réveil »,  ces différents maux sont considérés comme des manifestations de sorcellerie et d’envoutement. Parmi les victimes de cette ignominie pensée métaphysique figure Mme Stella Basela, habitant la commune de Ngaliema, qui est abandonnée à son triste sort, depuis avril 2019, par les membres de sa famille qui l’accuse de « sorcière ».

Depuis un certain temps, les  membres de la famille de cette femme meurent dans des circonstances non encore élucidées à ce jour par les médecins. En l’espace des trois ans, Stella Basela a perdu trois frères et une sœur sans que les cliniciens arrivent à poser un diagnostic clair. Cette situation a, malheureusement, alimenté la spéculation au sein de la famille et la population environnante. Les uns comme les autres n’ont pas hésité un seul instant à exposer la dignité et l’honneur de Stella Basela en l’accusant d’avoir « bouffé » à gorge déployer les membres de sa famille.

Assistant impuissamment à cette vilenie sociale, Stella Basela a été déclarée personne non grata par les membres de sa famille et ses voisins les plus proches. Cinquième de sa famille, elle a subit toutes sortes de tortures morales et physiques dans le but d’obtenir son mea culpa. Restant statique dans le reniement, Stella Basela a failli être victime de la justice populaire.  Ses voisins ainsi que les membres de sa famille ont multiplié des stratégies pour la brûler vif.  Elle a eu la vie sauve grâce à l’intervention de certains de ses voisins qui l’ont mis la puce à l’oreille de l’existence de ce projet macabre.

Mise au parfum de cette exécution populaire, elle a opté de vivre loin de sa famille qui, par ailleurs, tient mordicus à mettre fin à sa vie de manière la plus tragique. Ses deux enfants continuent à payer le prix. Ces enfants sont non seulement maltraités mais aussi accusés d’être en intelligence avec leur maman « sorcière ».

Cette nouvelle aux allures ignominieuses a fait grand bruit dans la commune de Ngaliema au point de ne pas susciter l’intervention des autorités municipales, urbaines et de la police nationale congolaises, censées assurer la protection de la population.

Le silence coupable de ces autorités serait à  la base de plusieurs exécutions sommaires à Kinshasa où la population préfère ne pas saisir les instances compétentes pour que la justice soit dite.

Judith Asina

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