Lamuka

Lamuka de retour, que deviennent la vérité des urnes et le tribalisme ? (Tribune de l’Analyste Serge Gontcho)

I. La vérité des urnes

Maintenant que Jean-Pierre Bemba a été ovationné par l’UDPS et que Fayulu a « pardonné », que deviennent « la vérité des urnes » et le tribalisme, deux poisons qui ont pollué l’atmosphère nationale après les élections de décembre 2018 ? Dans cet article, nous allons aborder la question de la vérité des urnes, et dans le prochain, celle du tribalisme.

La « vérité des urnes » a été le leitmotiv de Fayulu et de LAMUKA pendant un an et demi, jusqu’à son « pardon » prononcé du bout des lèvres. Avait-il raison de se plaindre et de comporter comme il l’a fait ? Fatshi avait-il tort ? Que dire de l’implication de la CENCO, jusqu’à son éclatement en évêques baluba et le reste du monde ? Cet article est ma part de réflexion. Elle n’est pas la vérité, et encore moins la vérité des urnes.

Tout d’abord, c’est quoi la vérité ? Reconnaissons d’abord la relativité de celle-ci. L’assertion arithmétique « 1 – 2 est impossible » est-elle vraie ou fausse ? Réponse : vraie dans l’ensemble N des entiers naturels, et fausse dans l’ensemble Z des entiers relatifs. Assertion 2 : « l’aide du FMI est-elle bénéfique à la RDC ».
Vrai pour certains, par exemple pour Fatshi, afin de financer le lancement de la gratuité de l’enseignement. Faux pour d’autres : le FMI n’a jamais aidé un pays à se développer ; c’est de l’exploitation capitaliste. Moralité : il n’y a pas de vérité absolue.

Dans la question de la vérité des urnes, il y avait deux approches. Pour les uns, celle-ci commence avec le premier bulletin versé dans l’urne et s’arrête au dépouillement. Dans notre cas, même cette procédure n’a pas été respectée. On n’a jamais vu les bulletins, et jusqu’à ce jour, le rapport de la CENI est introuvable. A qui la faute ? Comment pouvions-nous l’empêcher ? Et pourquoi ne l’avons-nous pas fait ?

La deuxième approche considère que les urnes de 2018 ne sont pas la vérité des urnes. Tout comme le domaine de définition de notre expression arithmétique « 1 – 2 » peut être étendu de N (les entiers naturels) à Z (les entiers relatifs), la vérité des urnes doit exprimer les aspirations des Congolais depuis les premières luttes de l’UDPS, pour tenir compte du prix payé par certains héros comme Etienne Tshisekedi et son parti.

Entre les deux, qui a raison et qui a tort ? Regardez à partir de son seul intérêt c’est demander à l’autre à faire de même. Le blocage en découlera logiquement. C’est là le piège diabolique qui a été tendu au peuple congolais par ceux qui ont fomenté le « putsch » de Genève et les machiavéliques penseurs du FCC.

Le ver est entré dans le fruit en deux étapes. D’abord lorsque les politiciens congolais, qui aiment voyager et être logés aux frais des étrangers, ont accepté d’aller à Genève sous l’égide de la Fondation Annan. Ensuite quand les intérêts égoïstes se sont réveillés sous la magie de leurs hôtes, experts en manipulation mentale. Et pourtant, avant Genève, Fayulu et Tshisekedi étaient copains comme cochon.

Les batailles fratricides qui s’en sont suivi pour défendre un camp contre un autre sans se donner la peine de dialoguer en sérénité en privilégiant l’intérêt commun sont regrettables et ne grandissent aucun des rhétoriciens montés aux créneaux. Il est temps d’inviter la pensée politique dans le domaine de la politique, sinon nous seront encore manipulés demain comme nous l’avons été hier.

Dans la prochaine tribune, c.-à-d. demain, nous parlerons du tribalisme.

Serge Gontcho di Spiritu Santu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience Nationale en Action (CNA)

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