samedi, 7 décembre 2019
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Une vue aérienne du Barrage Inga en RDC
Une vue aérienne du Barrage Inga en RDC

RDC : La Corap demande au Président de la République de stopper le projet Inga III

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, lundi 25 novembre 2019, la Coalition des Organisation de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et de l’Action Publique (Corap) qualifie Inga 3 d’un projet à grand risque pour le pays et sa population. Felix Tshisekedi devrait plutôt se rassurer de l’élaboration d’une politique nationale énergétique et d’une planification énergétique.

Les organisations membres de la CORAP demandent de stopper le développement du projet Inga 3, parce que c’est un projet qui présente d’énormes risques. Il s’agit notamment sur les communautés, de la délocalisation de plus de 37.000 ménages et pertes des biens et des valeurs culturelles. Pour l’économie du pays, c’est l’endettement et mouvements de corruption. De par l’environnement, c’est la modification du lit du fleuve avec impact sur la disparition des espèces. En matière de changement climatique, Corap dénonce la production  du gaz carbonique (CO2) à travers la décomposition de la végétation submergée par les barrages, ainsi que la stagnation de l’eau dans les réservoirs. Au-delà de cela, Inga III serait un projet mal planifié. Alors que dans l’entretemps, il existe plusieurs opportunités pour booster le développement du secteur de l’électricité en RDC à travers les micro-barrages tel que le démontre l’atlas sur les énergies renouvelables. Une orientation qui sera bénéfique pour le pays, parce qu’elle soutiendra le développement à la base et découragera l’exode rural.    En termes de priorité pour le développement du secteur de l’électricité, les organisations membres de la CORAP estiment entre autres que le Président de la République devra se rassurer de l’élaboration d’une politique nationale énergétique et d’une planification énergétique ;  qu’il encourage le gouvernement à financer le développement des autres formes d’énergies renouvelables, le cas des énergies solaires, des micro-barrages et autres, pour soutenir le mix énergétique ; qu’il s’assure que toutes les initiatives sont intégrées dans une stratégie d’interconnexion, en terme des pools énergétiques.

La Corap suggère au Président de la République, d’organiser à la demande des communautés locales d’Inga sous l’accompagnement de l’ONG ADEV, une rencontre avec les organisations de la Société Civile impliquées dans le monitoring du projet Inga 3 et les communautés locales d’Inga qui seront impactées par le projet, pour échanger sur les avis et considérations.

Un projet plus pour l’extérieur que l’intérieur

Presque 75% de l’énergie que produira le projet Inga 3 sera vendue en Afrique du Sud et aux miniers du Katanga. La Corap signale que ce projet ne viendra pas augmenter significativement le taux d’accès des populations à l’énergie. Une autre faiblesse est qu’il faudrait attendre près de 8 à 10 ans pour consommer son premier mégawat, pendant que le besoin interne est toujours croissant et immédiat. S’ajoute aux arguments ci-haut évoqués, la demande de l’Angola de 5000 MW.

Pour ces organisations, le pays n’est pas encore prêt à développer un si grand projet comme Grand Inga en commençant par Inga 3. Les membres de cette organisation fustigent le fait pour le gouvernement congolais de se prononcer sur le projet Inga 3 dans des espaces à l’extérieur du pays et ne se préoccupe pas à organiser un débat public à l’attention des acteurs congolais, notamment les communautés locales, la Société Civile, les scientifiques et les autres élites congolaises.

Aussi, pensent-elles que le projet Inga n’est pas opportun et elles estiment que le problème du projet n’est pas lié au format, mais plutôt à plusieurs aspects qui ne donnent pas des garanties et qui poussent la Société Civile a demandé dans l’urgence son arrêt. elles relèvent plusieurs éléments suivants notamment, l’inexistence des études d’impacts environnementaux et sociaux ; l’inexistence d’un plan de délocalisation et réinsertion pour plus de 37.000 membres des communautés qui seront déplacés du site d’Inga ; la dette, parce que le Partenariat Publique Privé sous le mode BOT ne garantit pas que le pays en sera épargné ; l’opacité qui entoure le projet puisqu’il n’y a pas des voix d’accès à l’information, pas des documents en circulation ; la violation des droits des communautés. Car, Inga ne pourra que desservir le monde extérieur et le pays a besoin de développer son potentiel hydroélectrique étendu sur l’ensemble du pays, à travers les micros barrages.

Corap constate que l’Agence pour le Développement et Promotion d’Inga (ADPI-RDC) est une structure de plus puisque rattachée à la présidence de la République, elle contribue à la mauvaise gouvernance du projet Inga 3. Cela, de par son texte constitutif qui est l’ordonnance n° 18-004 portant dispositions complémentaires relatives au statut, à l’organisation et au fonctionnement de « l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga». Un texte qui ne prévoit pas expressément un organe qui servira de cadre de concertation entre les parties prenantes, tel qu’il est prévu dans les attributions de cette agence.

Judith Asina

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