La situation du personnel médical en République Démocratique du Congo suscite une vive inquiétude. Lors d’un point de presse tenu le 30 mars 2026 à Kinshasa, le Syndicat National des Médecins a dénoncé une détérioration préoccupante des conditions de travail dans les structures sanitaires publiques, qualifiant la situation d’«intenable».
Face aux journalistes, les responsables syndicaux ont décrit un environnement professionnel marqué par un déficit aigu de moyens, des salaires versés avec retard et une insécurité persistante dans plusieurs provinces.
Selon eux, de nombreux praticiens exercent sans équipements appropriés, parfois au risque de leur propre sécurité.
« Nos médecins travaillent dans des conditions indignes, sans équipements adéquats, parfois au péril de leur vie. Ce n’est plus seulement une question professionnelle, c’est une crise humaine », a déclaré un membre du bureau du syndicat.
Le Syndicat National des Médecins a également exprimé sa consternation face à plusieurs décès de médecins en fonction, notamment dans les provinces de la Tshopo et du Kongo Central. Le cas du Dr Nicole Muanda, dont la mort est jugée suspecte, a été particulièrement évoqué. Le syndicat déplore l’absence de réaction des autorités et exige des éclaircissements.
« Nous exigeons la vérité sur la mort du Dr Nicole Muanda.
Le silence du gouvernement est incompréhensible et inacceptable. Chaque médecin qui meurt dans ces conditions est une perte pour toute la nation », ont insisté les représentants.
Par ailleurs, les syndicalistes pointent du doigt l’inaction de la Première ministre Judith Suminwa, accusée de n’avoir donné aucune suite à une instruction du président Félix Tshisekedi. Il y a huit mois, ce dernier avait pourtant demandé l’organisation d’une rencontre avec le bureau exécutif national du SYNAMED.
Une absence de dialogue que le syndicat interprète comme un manque de volonté politique.
En réaction, le Syndicat National des Médecins annonce le dépôt imminent d’un cahier des charges auprès du gouvernement.
Parmi les principales revendications figure l’augmentation du budget alloué à la santé à hauteur de 15 % des dépenses publiques, en référence aux engagements pris dans le cadre des accords d’Abuja. Le syndicat appelle également le Parlement à jouer pleinement son rôle pour éviter l’effondrement du système sanitaire.
Dans un climat social déjà tendu, cette sortie médiatique pourrait ouvrir la voie à un nouveau rapport de force entre les médecins et les autorités.
Tout en privilégiant le dialogue, le SYNAMED n’exclut pas le recours à des actions plus fermes si ses revendications ne trouvent pas de réponse rapide.
« Nous privilégions le dialogue, mais nous ne resterons pas passifs face à l’indifférence. La vie des médecins et celle des patients sont en jeu », ont conclu ses responsables.
Cette situation met une nouvelle fois en évidence les faiblesses structurelles du système de santé congolais, ainsi que l’urgence d’une réponse politique adaptée.
Jules Ninda
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