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Acharnement contre Bemba et Katumbi : Des OSC craignent des règlements des comptes personnels

C’est une vingtaine d’Organisations de la Société Civile (OSC) de la RDC qui ont lancé ce cri d’alarme dans une déclaration signée conjointement, dimanche 5 août 2018. Pour elles, il est évident que la violation policière et l’exclusion de certains candidats discréditent le processus électoral. Raison pour laquelle, elles interpellent notamment le Président Kabila et le Gouvernement, de lever toute restriction imposée aux candidats à la présidentielle, c’est-à-dire Katumbi et Bemba. 

Elles condamnent la violence policière ainsi que les abus des droits humains qui en découlent, en cette période de dépôt des candidatures aux élections du 23 décembre 2018. Lesdites OSC demeurent convaincues que seules l’inclusivité, la transparence et la sécurisation de tous les candidats peuvent garantir la crédibilité du processus conduisant auxdites élections.

A titre illustratif, elles fustigent les restrictions, non fondées, imposées aux deux candidats à la présidentielle. Moïse Katumbi Chapwe est empêché de rentrer dans son pays, par la frontière de Kasumbalesa (RDC-Zambie), de même qu’il a été refusé au Sénateur Jean-Pierre Bemba d’accéder à la propriété privée familiale, de la Commune de la Gombe à Kinshasa.

Aussi, dénoncent-elles l’atteinte au droit à la vie de quatre personnes de Kasumbalesa dont les corps ont été emportés par des agents de la police ainsi que le cas d’un chauffeur tanzanien gravement blessé par balles. A tout cela s’ajoutent des pertes économiques énormes qu’ont subies les entreprises minières, les transporteurs et les importateurs/exportateurs, à la suite de la brusque fermeture de la frontière, toute la journée du vendredi 03 août, à l’annonce de l’arrivée de Katumbi par ce poste.

Cependant, elles préviennent que le refus de laisser à un citoyen de rentrer dans son pays ou d’accéder à une résidence familiale, constitue une violation flagrante de la Constitution de la RDC dont le deuxième alinéa de l’article 30 stipule : « aucun congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle ». Par contre, il a le droit de quitter et de revenir dans son pays, comme bon lui semble, conformément à l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

En outre, les OSC signataires notent que l’empêchement du retour de Moïse Katumbi, Candidat Président de la République corrobore les affirmations selon lesquelles toutes les enquêtes et poursuites contre lui, relèvent d’une instrumentalisation de l’appareil judiciaire aux fins politiques, telle que l’avait conclu le rapport de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), remis le 29 mars 2017 au Président Kabila. Car, nul ne peut comprendre pourquoi le Gouvernement obstruerait la justice de saisir l’opportunité d’obtenir éventuellement des éclaircissements sur les accusations de spoliation d’immeuble, recrutement de mercenaires et possession d’une deuxième nationalité italienne.

Ce qui les porte à croire que dans les jours qui viennent, Jean-Pierre Bemba fera face à des nouveaux obstacles relatifs à la déclaration de sa candidature à la présidence de la République. Elles craignent que l’acharnement contre les deux personnalités ne soit perçu comme de la haine, de la vengeance ou des règlements des comptes personnels.

Dans l’intérêt supérieur de la nation congolaise et de la région des Grands Lacs Africains, les OSC signataires fait des recommandations poignantes à tous les niveaux. Au Président Kabila et le Gouvernement de la République, il lui est demandé de lever toute restriction imposée aux candidats à ces deux candidats à la présidentielle. Les autorités judiciaires compétentes de leur côté, devraient ouvrir une enquête, afin de poursuivre les policiers et leurs supérieurs hiérarchiques présumés responsables des violations des droits humains, du 03 août, à Kasumbalesa. La Mission onusienne de son côté  devrait protéger tous les candidats, conformément à son mandat de protection des civils. Et il appartient à la société civile de la RDC, d’accroître la surveillance d’actions gouvernementales tendant à violer la Constitution et les instruments internationaux de défense des droits humains dûment ratifiés par l’Etat congolais.

Il faut noter que ces OSC sont spécialement l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH), Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées Kasaï et Katanga (AETA), Association Africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Association Congolaise d’Accès à la Justice (ACAJ), Synergie des Femmes pour les Victimes des Violences Sexuelles de Goma (SFVS) ainsi que la Voix des Sans Voix (VSV).

Judith Asina

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