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[Incertitude des élections] RDC : Le mouvement Filimbi pour un recourt à l’article 64 de la Constitution

Il s’est exprimé à travers un communiqué co-signé par Robert Njangala, Chargé de l’Idéologie et Actions et Floribert Anzuluni son Coordonnateur. «Nous n’avons d’autre alternative que de mobiliser la population afin qu’elle déjoue le plus pacifiquement possible le simulacre électoral mis en place par le régime Kabila en faisant du 23 décembre 2018 le point de départ d’une grande résistance populaire, conformément à l’article 64 de notre Constitution », a déclaré le mouvement citoyen Filimbi. 

Pour ce mouvement, le  23 décembre 2018 devrait marquer le début de la résistance populaire jusqu’à la victoire. Ce qui permettrait d’aboutir à la mise en place d’une période transitoire concertée, et de préférence dépolitisée, qui aura pour principale mission de mener le pays vers des élections qui respecteront un minimum de standards internationaux. Car, au cours des prochaines semaines, le pays serait une fois de plus plongé dans une crise encore plus grave aux conséquences nationales, régionales et internationales inestimables. Pour Filimbi, la fin de cette grave crise politique, sécuritaire, économique et sociale passe inévitablement par l’organisation d’élections qui respectent un minimum de standards internationaux afin de résoudre la principale cause de cette crise qui consiste à l’illégitimité des animateurs des institutions.  ‘’Monsieur Kabila et son régime ont clairement démontré leur incapacité et surtout leur manque de volonté’’, indique le communiqué.

Selon FIlimbi, le processus électoral actuel est complètement biaisé, non transparent et frauduleux. En plus des faits précédemment relevés tels que la fermeture de l’espace démocratique, le fichier électoral corrompu, le refus d’accréditer des observateurs internationaux, l’utilisation d’une machine électronique peu fiable, l’exclusion de certains candidats ou le non affichage des listes électorales au moins 30 jours avant les scrutins, le déroulement de plus en plus chaotique de la campagne électorale en cours conforte sa position. Aussi, estime-t-il que le Président Kabila cherche à prolonger indirectement son règne en imposant son dauphin par les urnes. Par conséquent, il n’existe aucun scénario dans lequel un autre candidat que l’actuel Président pourrait remporter les élections à venir.

Entretemps, les principaux représentants de l’opposition politique ont gratifié le pays d’un spectacle désolant qui a davantage affecté leur crédibilité. Ces derniers ont été incapables de s’unir pour sauver la patrie, d’autant plus que certains ont une fois de plus, privilégié leurs intérêts égoïstes au détriment de la nation. En outre, Filimbi condamne avec la plus grande énergie les affrontements médiatiques et à travers les réseaux sociaux entre certains partisans des deux groupes de l’opposition qui deviennent complices du régime en place. Ce mouvement dénonce les propos divisionnistes et tribalistes, parfois manipulés et appuyés par leurs leaders qui sont inacceptables et devraient urgemment cesser car cela profite non seulement au régime dictatorial de M. Kabila mais à tous ses soutiens qui ne jurent que par la partition de notre patrie pour faciliter le pillage des ressources. « Messieurs les opposants, ne vous trompez pas de cible car aucun d’entre vous ne sera déclaré vainqueur de la mascarade que coordonne M. Corneille Nangaa. Mobilisons-nous pour libérer notre patrie de la dictature, le peuple est prêt et il vous le démontre en se mobilisant massivement lors de vos différents meetings », appelle Filimbi.

Complicités internationales

Filimbi se réjouit de la décision de l’Union Européenne  (UE) de maintenir les sanctions ciblées contre les membres de l’actuel régime dont l’implication dans la répression des manifestations pacifiques et la participation à des actes pouvant être qualifiés de crimes contre l’humanité est avérée, parmi lesquelles figures Emmanuel Shadary.

Au vu du déroulement de ce qu’il qualifie de simulacre d’élections en cours, il encourage le vote de nouvelles sanctions contre les autres hautes personnalités du pays ainsi que les gestionnaires de son patrimoine financier, obtenu frauduleusement.

Ce mouvement citoyen condamne fermement l’attitude complaisante, et dans une certaine mesure complice, de Leila Zerrougui, Représentante du Secrétaire Générale des Nations Unies, face aux graves violations des Droits de l’Homme commises par le régime actuel. Son inaction ainsi que ses prises de position équilibrées renforcent les voix de ceux, de plus en plus nombreux, qui se posent des questions sur l’utilité de la présence de la MONUSCO sur le sol congolais. Ce communiqué indique que Mme. Zerrougui est incapable de condamner en des termes clairs la répression du régime totalitaire, portera en partie, la responsabilité des conséquences de la crise à venir. Il y a en outre, le regret sur les agissements de certains acteurs qui s’intéressent à la crise congolaise, et qui ont semble-t-il décidé de mener ouvertement une propagande internationale en faveur du maintien de l’actuel régime actuel à travers l’élection frauduleuse de M. Shadary.  Le cas échéant est celui de l’eurodéputé Louis Michel, qui a tenté de bloquer la prolongation des sanctions ciblées, ainsi que de la journaliste belge Colette Braeckman, qui a réalisé une interview ainsi qu’un publipostage dans lequel M. Kabila est comparé à Patrice Emery Lumumba, Héros national.

« Nous leur demandons de revenir à la raison en mettant un terme à cette campagne sordide aux conséquences inestimables », recommande Filimbi.

Encouragement à Mukwege

« Nous disons, encore une fois, Merci au Dr. Denis Mukwege pour son engagement citoyen en faveur de notre copropriété la RDC », encourage Filimbi qui le féliciter pour le décernement du Prix Nobel de la Paix. Pour ce mouvement, c’est un modèle et une référence pour toute la génération. Les valeurs qu’il incarne, son abnégation, courage, détermination, humanisme et le sens du sacrifice qui inspire les congolais. Pour cela, la nation saura le signifier une fois que le pays aura, ensemble, mis un terme à ce régime.

Judith Asina

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