RDC - 391 députés nationaux adhérent à l'union sacrée (Bahati Lukwebo)

RDC : Fatshi obtient une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale

Une nouvelle majorité de 391 députés sur 500 soutient désormais le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, qui devait depuis son élection en janvier 2019 gouverner dans une coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, dont les partisans étaient majoritaires au Parlement.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, est en passe de devenir le seul homme fort à la tête du plus grand pays d’Afrique subsaharienne, en isolant son prédécesseur Joseph Kabila qui perd la majorité à l’Assemblée.

Proclamé président en janvier 2019, mais obligé de partager le pouvoir avec Joseph Kabila, dont les partisans étaient majoritaires au Parlement, le président Tshisekedi peut désormais compter sur le soutien de 391 députés sur 500 à l’Assemblée.

Ces 391 députés « vont constituer la nouvelle majorité de l’Union sacrée de la Nation » voulue par le président Tshisekedi pour écarter son prédécesseur Joseph Kabila, a indiqué le sénateur Modeste Bahati, qui a été nommé par le chef de l’État le 1er janvier pour identifier cette majorité. Cette « majorité écrasante » devrait permettre l’investiture d’un prochain gouvernement pro-Tshisekedi à l’Assemblée nationale, a-t-il ajouté.

Proche de l’ancien président Kabila, le Premier ministre sortant, Sylvestre Ilunga, a parallèlement suggéré jeudi que son gouvernement allait démissionner après avoir été visé par une motion de censure largement adoptée à l’Assemblée nationale mercredi soir.

Une recomposition des rapports de force au sommet de l’État

Modeste Bahati a remis son rapport à Félix Tshisekedi en présence de la presse. Cette cérémonie très formelle marque une étape cruciale dans la recomposition des rapports de force au sommet de l’État amorcée par le président Tshisekedi le 6 décembre.

Ce jour-là, le chef de l’État avait acté l’échec et la fin de sa coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui revendiquait une majorité de plus de 300 députés sur 500.

Le 1er janvier, Félix Tshisekedi avait nommé une sorte de chargé de mission (un « informateur ») qui disposait d’un mois renouvelable pour identifier une nouvelle majorité à l’Assemblée, selon les termes de la Constitution. Entre-temps, l’Assemblée avait déjà donné des gages d’un renversement de majorité en faveur du président Tshisekedi, en votant dès le 10 décembre pour la destitution de sa présidente pro-Kabila Jeanine Mabunda.

Homme fort de la RD Congo pendant 18 ans (janvier 2001-janvier 2019), Joseph Kabila ne s’est toujours pas exprimé depuis le 6 décembre. Il a quitté Kinshasa pour son fief de Lubumbashi, la capitale du Katanga, depuis mi-décembre.

La coalition Tshisekedi-Kabila avait permis la transmission du pouvoir entre les deux hommes le 24 janvier 2019, première transition sans effusion de sang dans l’histoire du Congo depuis l’indépendance du 30 juin 1960.

Félix Tshisekedi avait été proclamé vainqueur des élections du 30 décembre 2018, qui avaient permis à Joseph Kabila de garder le contrôle du Parlement. Les résultats officiels avaient été largement contestés par une partie de l’opposition.

Avec AFP

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