Val. Mubake
Valentin Mubake, membre du Rassamblement, lors de l’ouverture du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 08/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

Le volontarisme inoffensif de Valentin Mubake (Tribune de Serge Gontcho)

Valentin Mubake, l’ancien conseiller politique d’Étienne Tshisekedi a accordé à la radio B-ONE une sympathique interview sur l’actualité de Minembwe, qui a été largement diffusée dans les réseaux sociaux.

L’ancien bras droit d’Étienne Tshisekedi a montré surtout sa bonne connaissance des faits dont il situe l’origine à l’entrée de l’AFDL, et rappelé aux Congolais la démarche intransigeante d’Étienne Tshisekedi, père de l’actuel Président de la République. Intéressante, elle l’est aussi en recommandant à Félix Tshisekedi de s’adresser au Conseil d’État s’il est question d’annuler un acte administratif de création de ces communes. Toutefois, Valentin Mubake pèche encore par son simplisme et un zeste de populisme.

Le simplisme est le défaut consistant à simplifier outre mesure, en négligeant certains caractères importants. En relèvent les recettes du genre « il faut juger tous les criminels de l’AFDL qui sont au pouvoir », « il suffit de s’adresser au Conseil d’État pour obtenir cette annulation », ou « qu’on les jette en prison, pour prouver cet état de droit dont on nous parle ». Voici ce que lui-même dit du problème de l’Est : « Mobutu malade, en 1997, il fallait que certaines multinationales contrôlent les richesses minières du Congo. Elles ont fabriqué l’AFDL pour que les Rwandais, les Ougandais, les Burundais se retrouvent ici au Congo dans toutes les structures du pays, aussi bien politiques que militaires et dans les services de renseignement ». Arrêter les anciens de l’AFDL résoudra-t-il le problème des multinationales ?

La démarche de Félix-Antoine Tshisekedi n’est moquée que par le simplisme de certains esprits. A commencer par le deal qu’il a passé avec JKK et qui a conduit à la coalition actuelle au pouvoir. N’en déplaise aux tambourinaires, ce deal demeure la meilleure solution dans le contexte du moment ; il vaut mieux être Président de la République et avancer à petits pas, qu’être radical, comme Étienne Tshisekedi ou Martin Fayulu, et mourir centenaire dans l’opposition radicale. Les oppositions que Tshisekedi rencontre dans ladite coalition, dans la sous-région ou dans le monde, liées aux intérêts des multinationales, sont dans l’ordre des choses; on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Pour en revenir à l’affaire Minembwe, la décision de Félix-Antoine Tshisekedi d’annuler les actes administratifs de Minembwe a suscité un soulagement palpable dans les populations. Mais le problème reste entier. Valentin Mubake n’a pas tort de demander l’intervention du Conseil d’État, mais Félix Tshisekedi a plus raison de prendre le problème dans sa globalité en instituant une Commission ad hoc. Les politiciens congolais feront avancer la cause nationale en reconnaissant la complexité du problème, et conséquemment, en soutenant Félix-Antoine Tshisekedi, au lieu de se complaire dans un simplisme qui frise l’infantilisme politique. La seule vraie démarcation entre Fayulu ou Mubake d’un côté, et Tshisekedi de l’autre, c’est que, pour une même finalité, les premiers construisent leurs stratégies sur une hypothèse simpliste et populiste alors que Tshisekedi part de l’hypothèse de la complexité.

On comprend, Valentin Mubake a besoin de requinquer les jours heureux où il était le dauphin du grand Étienne Tshisekedi. La dernière élection lui avait infligé un camouflet, y compris dans son fief natal de l’Est, raison pour laquelle il caresse dans le sens du poil les notables et les politiciens du coin en les dédouanant de toute responsabilité dans la situation d’insécurité qui y règne. Ce n’est pas tout à fait vrai, le Président Tshisekedi l’avait même dit, mais ça ne coûte rien de faire semblant de le croire.

Serge Gontcho di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience Nationale en Action (CNA)

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