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L’équation impossible de la Ceni (Tribune de l’Analyste Serge Gontcho)

Tout le monde parle déjà de 2023, mais ce qui doit être fait pour respecter ce rendez-vous électoral est-il fait ? A l’analyse des premiers signaux, on est mal barré, puisque les vraies questions sont évitées. Si la tentative d’imposer le candidat du FCC Ronsard Malonda a suscité une harmonieuse levée de boucliers, le flou demeure total quant à la suite.

Première préoccupation. Tout le monde semble vouloir une réforme du processus électoral avant même la désignation des animateurs. Question : par où passera cette réforme ?
Par le parlement de Jeannine Mabunda qui vient de s’illustrer par une tentative malheureuse de coup de force ? En l’état actuel des forces politiques, c’est une voie fermée. Il faut chercher une solution. Nous en indiquons une à la fin de cet article.

Deuxième préoccupation. Les églises en général, et l’église catholique en particulier, sont dans une situation plus qu’inconfortable, aggravée par le fait que certaines d’elles ont d’abord essayé de placer leur candidat à la tête de la CENI avant de se raviser et rejoindre le camp des réformateurs suite à l’échec de leur candidat.

Cette cacophonie fait les affaires du FCC qui ne va pas se priver de susciter autant d’ « églises alimentaires » comme autrefois les partis alimentaires pour empêcher un accord. Par ailleurs, d’autres organisations de la Société Civile remettent en question ce privilège tacitement reconnu aux églises dans un pays laïc sans aucune base légale.

Pour être honnête avec sa mission, l’église devrait se gêner de se disputer la conduite des affaires du monde avec les professionnels du monde. Normalement, elle devrait se retirer dans la dignité, quitte à agir indirectement par ses laïcs.

Après le problème des privilèges indus de l’église, il faudra composer avec l’incapacité des congolais à se mettre d’accord. Nous l’avons vécue lorsqu’il fallait choisir le porte-parole de l’opposition sous Joseph Kabila, et jusqu’à ce jour. C’est toujours cette maladie qui par le passé a ouvert la porte aux ingérences étrangères.

D’abord avec la CNS qui ne voulait pas conclure, nous avons affaibli l’état et ouvert la porte à l’AFDL. Il y a eu ensuite les différents dialogues à travers le monde : Lusaka, Gaberone, Sun City … au cours desquels les étrangers nous ont dicté des solutions piégées. Tout dernièrement, ça a été Genève, avec la fondation Koffi Annan qui est à la base du conflit LAMUKA-CACH.

Après cet état des lieux, nous proposons les pistes de solution suivantes :

1° POUR LES REFORMES. Nous pouvons nous donner comme base de travail les propositions de Christophe Lutundula ou d’un autre, constituer un groupe de travail dirigé par des personnes compétentes et procéder aux amendements en ligne, avant une adoption en ligne.

La proposition ainsi adoptée peut prendre l’une des voies légales pour sa discussion à l’Assemblée nationale, avec les moyens de pression populaires qui ont montré leur efficacité. Les participants à ce travail ne doivent demander aucune gratification à personne.

Il ne faut pas attendre d’avoir résolu le problème de Mabunda pour lancer cette campagne, mais comprendre que c’est l’avancement de cette campagne qui peut contraindre Mabunda à sortir du bois. Le temps qui passe arrange plutôt les partisans du statu quo.

2° POUR LES ANIMATEURS DE L’ORGANISATION ÉLECTORALE. Rien ne justifie le privilège accordé aux pasteurs à l’exclusion des autres groupes sociaux dans le choix des animateurs de l’organisation électorale. Il faut permettre à tous ceux qui le peuvent de déposer leur candidature et prévoir un mécanisme de sélection objectif, jusqu’à l’arbitrage ultime.

Il faut tirer sagesse des conséquences désastreuses des arbitrages étrangers passés. En cas de force majeure, le Chef de l’État qui est le garant du bon fonctionnement de la nation, doit se tenir prêt à prendre ses responsabilités d’une manière ou d’une autre.

Ce ne sont là que des pistes de solution, qui se veulent volontairement floues, pour permettre un débat citoyen un peu dans le sens préconisé par le groupe des Onze personnalités politiques et de la Société Civile. Pour ceux qui veulent en discuter avec nous, nous sommes joignables sur notre page Facebook ou au numéro de téléphone indiqué ci-dessous.

Serge Gontcho di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience Nationale en Action (CNA)

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