Kinshasa

RDC: Un problème de casting (Tribune de Serge Gontcho)

Disons-le nous, le Congo a un sérieux problème d’hommes. Il y a quelques années, Joseph Kabila disait qu’il cherchait quinze hommes et ne les avait pas trouvés. Tshisekedi aussi cherche quinze hommes, nous semble-t-il.

L’un de grands problèmes du pays c’est le choix des chefs et des collaborateurs, le casting. La plupart des chefs congolais ne sont chefs que par copinage. Ils ne maîtrisent pas le travail du chef qui est … le management. Tu as beau être le meilleur programmeur de l’équipe, ce qui est avantageux, une fois chef, ton travail n’est plus la programmation mais le management. L’expérience montre que les chefs congolais se disputent les tâches avec leurs subalternes. Ainsi, au lieu de faire le management (prévoir, planifier, organiser, diriger, évaluer), le voici faire simplement de la programmation, et s’inscrire dans des concurrences inutiles avec ses collaborateurs.

Les collaborateurs du chef, également, sont choisis par le même mécanisme de copinage : copains, cousins, neveux, militants du parti. Pour être en bon terme avec le chef, il faut être en bons termes avec ses « protégés », quitte à fermer les yeux sur le travail lui-même. Il s’ensuit qu’une seule personne va faire le travail de cinq, or « la surcharge crée l’inefficacité ». Et voilà la médiocrité qui se propage.

Il y a des choses qui ne nécessitent vraiment pas l’intervention de la communauté internationale. Les chefs et les collaborateurs, à tous niveaux, doivent prendre conscience de ce fléau. Nous devons tous rentrer à l’école parallèle, imaginer des systèmes de renforcement de capacité, tant l’école est morte, y compris l’université.

Voici une anecdote. Il y a quelques années, je travaillais dans une entreprise financière de la place. Un de mes supérieurs m’avait demandé un service personnel, de l’aider à rédiger un projet. Il avait copié et collé des éléments ici et là, et à la fin me demandait de lui dresser le cadre logique. Or, le cadre logique, comme son nom l’indique, est logique : il ne tombe pas du ciel, mais se remplit logiquement, presque automatiquement, des éléments étudiés auparavant : objectif général, objectifs spécifiques, résultats attendus, activités etc. L’aider signifie déconstruire tout ce qu’il a copié et collé pour reconstruire. Mais en même temps qu’il vous demande un service, il a du mal à se départir de son costume de chef et prend instinctivement toute contradiction, quand bien même scientifique et dans une matière qu’il ne connait pas, comme une offense, si pas une faute de service.

Le Congolais n’aime pas travailler, n’aime pas apprendre, n’aime pas qu’on lui dise qu’il ne sait pas. Toute nomination ou promotion est avant tout un coop. Il est en embuscade, à l’attente d’une occasion de se faire de l’argent. Je n’ai pas la solution immédiate à cette question de « mentalité » enracinée en nous et entretenue par tous ceux qui en bénéficient.
Ceci est juste un coup de gueule na molili. Il ne sera pas excessif de dire que 50 % des problèmes du Congo seront résolus d’eux-mêmes si les dirigeants prenaient à cœur ce problème de casting, de renforcement des capacités et de changement de mentalité. Cela n’a rien à voir avec le Rwanda, les multinationales, ou le bourgmestre de Minembwe.

Vous n’allez pas gagner la ligue des champions en composant l’équipe avec les neveux et les beaux-frères.

Serge Gontcho di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience Nationale en Action (CNA)

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