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CRISE POLITIQUE EN RDC : QUI EN EST L’AUTEUR ?

Depuis quelques mois en République Démocratique du Congo, l’on observe une cacophonie au sujet de la fin du mandat du Président de la République Joseph KABILA KABANGE. Au pouvoir depuis 2001, élu démocratiquement en 2006 et réélu en 2011, le Président KABILA ne peut se présenter aux prochaines élections prévues pour 2016.

Cependant, la majorité et le pouvoir se trouvent être devant un fait accompli : techniquement parlant, il est impossible que la présidentielle s’organise dans le délai. Ce glissement préparé en amont par le gouvernement a été couvert par un arrêt de la cour constitutionnelle qui autorise le Président Kabila à demeurer au pouvoir jusqu’à l’installation d’un nouveau président élu.

Que faire dans ce contexte ? Un dialogue a été ouvert à la cité de l’OUA. Cependant, il n’est pas inclusif parce que les grandes forces politiques de l’opposition en l’occurrence la Rassemblement et le MLC de Jean-Pierre BEMBA  se retrouvent en dehors de ce forum qu’il qualifie de « monologue ». A l’issue de l’évolution de ces assises à ce jour, il appert clairement que le Président KABILA ne veut pas céder son fauteuil. Il tient à poursuivre le match jusqu’aux prolongations.

La situation politique en Rdc devient de plus en plus inquiétante. Les événements du 19, 20 Septembre 2016 faisant plus de 50 morts en témoignent. En lieu et place de maitriser la tension, Corneille NANGA allume encore le feu en se croyant unique spécialiste des questions électorales en proposant de convoquer la présidentielle en novembre 2018. Le Rassemblement de son côté appelle encore la population en une marche pacifique le 19 Octobre en cours afin de brandir un carton jaune au Président Kabila et le rouge, le 19 Décembre, date de la fin de son deuxième et dernier mandat.

Pour rappel, vers fin 2014 et début 2015, l’article 220 de la Constitution de la République Démocratique du Congo devenait l’objet de préoccupation de maints esprits dans le pays de LUMUMBA. Les uns pour soutenir qu’il demeure constitutionnellement et donc légitiment verrouillé, les autres pour démontrer que le verrouillage n’est pas absolu. Vers mi-2015 et début 2016, les questions du dialogue et du respect du délai constitutionnel font l’objet de plusieurs débats et ne cessent de faire couler beaucoup d’ancres et de salive.

Au regard des faits tels que présentés, le premier auteur de cette crise demeure le président de la République. Toutefois, dans ce moment fort tumultueux caractérisant l’espace politique proprement Congolais, il est surprenant de constater son silence pourtant, garant de l’ordre  et de l’observance de la constitution et ce, conformément au serment qu’il a lui-même prêté lors de son investiture. Un silence qui n’est certes pas « silence » car, le silence peut être défini par la négative, l’absence de parole mais il ne cesse pas d’être communication.

Au compte des qualités de l’homme d’Etat se trouve donc le courage de révéler la vérité lorsque les circonstances l’exigent. Masquer la vérité comporte de nombreux inconvénients : elle isole et empêche la coopération entre les êtres. En outre, et c’est là le plus grave, elle « prive un homme de l’un de ses principaux instruments d’action, qui sont la confiance et la foi. Le Président KABILA se réfugie derrière le silence et croit trouver solution à la crise pendant que la situation devient périlleuse.

Quel avenir pour le peuple Congolais ?

Il n’ya plus qu’une question démocratique : la politique congolaise peut-elle encore faire quelque chose à notre vie ? La réponse aujourd’hui la plus répandue est « non ». Impuissants ou « comiques », ne reste au politique que le choix de leur indignité. Comme à chaque élection, ils passent leur temps à promettre l’impossible, en toute connaissance de cause, puis le réel les rattrape et les déconsidère. Ils sont les premières victimes de leur cynisme.

A ce 21ème siècle, le peuple n’est plus amorphe. La métaphore visuelle est ici omniprésente : la Majorité Présidentielle devrait pouvoir observer les gouvernés tels des sentinelles et ainsi recueillir les données qui constitueront la base de leur art. Ainsi, leur position sera comparable à celle de Dieu qui perce à jour le monde comme un cristal. Au vrai, la transparence du gouvernement relève ici plutôt d’une transparence panoptique que de celle par laquelle les sujets peuvent apprécier les actions de ceux qui les gouvernent.

La vérité sortie de la bouche du Président KABILA peut encore sauver la jeune démocratie Congolaise, c’est l’exploration patiente de la réalité avec laquelle il faudra que toutes les opinions vivent. Les citoyens Congolais sont devenus à ce jour  décideur informé et pas consommateur gavé. Ils ont le droit d’avoir les yeux ouverts, sans être aveuglé par les projecteurs et rendu sourd par  les décibels de l’orchestre.

En peu de mots, l’unité demeure le passage obligé pour reconstruire un pays déglingué et moralement découragé comme le nôtre. Tout appel au glissement ou  à un troisième mandat du Président KABILA  est l’ennemi de cette reconstruction. Il la rend impossible dès l’instant qu’il s’appuie sur les passions noires et destructives, dès l’instant qu’il cible non seulement les convictions, mais aussi l’esprit de la constitution de la RDC. Ce n’est pas affaire de camp. C’est affaire de conception du pouvoir, affaire d’esprit, affaire d’éthique personnelle et civique. Pour apurer ces pratiques, il nous apparut qu’il fallait une alternance en RDC.

NZAMPUNGU IMBOLE Joël

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